CHAPITRE XV
Le roi de Danemark et son grouirernenient.
Le roi actuel de Danemark^ Frédéric VII, est avant tout un honnête-bomrae. Les libertés, par lui promises la veille d'une révolution, octroyées pendant cette même révolution, ont été respectées, agrandies et consolidées, lorsque le calme a succédé à l'orage, et que Taffaissement des esprits, faisant place à une excitation trop grande, favorisait et facilitait tous les projets de réaction. Cette loyale conduite a valu au roi une grande popularité. La noblesse le boude un peu ; mais la bourgeoisie et le peuple, c'est-à-dire la nation, ont pour lui l'affection la plus vive, et le bruyant accueil qu'il reçoit, toutes les fois qu'il paraît en public, en est le plus certain et le plus flatteur témoignage. Frédéric VII^ qui est dans la force de l'âge , a une belle figure qui n'est pas sans analogie avec celle de Chris^ tian IV, le plus illustre, sinon le plus grand de ses aïeux. Quoique la bonté et la franchise, rehaussées encore par une mélancolie affectueuse, soient peintes sur son visage, son aspect impose et l'on pressent que le sang des Oldenbourg coule dans ses veines. Scrupu^
leusement enfermé dans ses attributions de roi constitutionnel, il n'est pas tellement absorbé par la politique, même dans ces* temps agités, qu'il ne puisse suivre le penchant qui le pousse vers les sciences et. les beaux-arts. En roi Scandinave, il a de l'amour, de la pas ion même pour les t)bjets d'art, les armes, les bijoux que les Wikingas, ses ancêtres, portaient pendant leur vie et confiaient après leur mort à la terre qui les a fidèlement gardés pendant plus de dixhuit siècles. Passionné pour l'histoire naturelle, il a rassem&lé, à côté de sa collection d'armes et d'objets antiques, des amas de pierres rares ou précieuses, de minerais, de reptiles et de poissons. En véritable amateur, il ne s'en remet à personne du soin de ces merveilles. C'est lui-même qui les lave, les arrange, les étiquette et les montre aux personnes qui ont l'honneur d'être admises à les visiter. Il est président de la Société royale des Antiquaires du Nord, et, s'il est trop occupé et trop élevé pour diriger lui-même les grands travaux de cette Société, qui compte dans son sein les plus grands seigneurs et les plus illustres savants des deux mondes, il les suit avec un vif intérêt.
Après deux mariages stériles et rompus par le divorce, le roi Frédéric VII a épousé morganatiquement la comtesse de Danner. Cette femme aimable, comme madame de Maintenon, avec qui elle n'est pas sans analogie, a captivé, dit-on, le roi par le charme de son style épistolaire. Avant même d'avoir vu ses traits, Frédéric VU était sous le charme irrésistible de son esprit. Cette union disproportionnée, mal accueillie par les classes élevées, a été agréable à la bourgeoisie, qui a vu avec plaisir son souverain se rapprocher d'elle, en
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choisissant une femme issue de son sang. PerawHine au monde, et surtout une femme, ne peut arriver à la fortune extraordinaire de madame de Danner sans souIe* ver bien de mauvaises passions. La médisance s'est acharnée sur elle comme sur tout ce qui est trop en évidence. Il n'en est pas moins vrai pour tout homme impartial que les sages conseils de cette femme distinguée ont eu la plus heureuse influence sur le roi et Tont aidé à traverser la longue et terrible crise de 1 848 à 1861 avec une honnêteté et une sagesse qui doivent faire l'admiration de toutes les personnes versées dans la science de l'histoire , et qui dès lors connaissent les difficultés et les dangers de pareilles situations.
Le roi, ennemi du faste et avant tout simple et modeste, préfère la campagne à la ville. Il quitte sans regret son magnifique palais de Christiansborg pour Skodsborg, Glucksbourg (en Slesvig), ou bien pour un de ces cottages, si nombreux en Danemark, que la Baltique baigne, que des arbres séculaires ombragent, qu'une ceinture de fuchsias entoure , et dont les murs d'une blancheur éclatante s'élèvent au milieu d'un gazon si vaste et si vert qu'on dirait de loin un large diamant enchâssé dans une immense émeraude. Amoureux de la retraite, enclin à la rêverie, il fuit les bals, les spectacles, les scènes d'apparat, et laisse le plaisir ou l'ennui, comme on'voudra, de la représentation à la princesse Christian de Glucksbourg, qui ne s'en acquittera pas mieux quand elle sera reine de Danemark. La personne la plus rapprochée du trône de Frédéric VII est le Prince héréditaire Ferdinand*Frédéric. C'est le frère de Christian VIII et le mari de la princesse Caroline de Danemark. 11 est ainsi oncle et
beau-frère du roi. Il est appelé à lui succéder^ si, contre les lois de la nature, il survit à un neveu de seize ans plus jeune que lui. Le prince Ferdinand, qui a aujourd'hui soixante-dix ans, a l'œil vif et la démarche assurée ; il monte à cheval et chasse comme un jeune homme. Il est adoré de la princesse Cardline, qui a hérité des vertus de Frédéric VII. Après le prince Ferdinand vient le prince Christian de Glucksbourg. C'est un homme charmant, encore jeune; il a été choisi par Frédéric VII pour son héritier et reconnu à ce titre par le traité de Londres. C'est à ses grâces, à sa distinction, et surtout à sa loyauté qu'il a dû cette haute faveur. La princesse Louise, sa femme, est une personne du plus haut mérite. Son esprit est au niveau de son cœur; ses qualités sont tout à fait hors ligne, et l'on ne peut douter que la sage influence, l'ascendant heureux qu'elle doit inévitablement exercer sur son mari, n'ait été une des causes déterminantes du choix du roi.
Le Danemark est un royaume constitutionnel. 11 est encore en proie à cette agitation fiévreuse à laquelle ne peuvent guère échapper les peuples qui passent sans transition de la servitude à la liberté. Cet état de crise, qui conduit à des excès les nations qui sont indignes de régir leurs destinées, produit au contraire chez celles qui en sont dignes une noble émulation et un saint enthousiasme. Les Danois, en résistant à de coupables excitations quand ils étaient encore inexpérimentés et sous le coup de bien des illusions, ont fait preuve d'un grand bon sens et d'un grand tact politique. Les fauteurs de désordre prêcheront en vain leurs détestables doctrines ; en les tolérant^ le gouvernement ne fait que
donner une preuvei de plus de son amouc de l^ liberté qui, comme le soleil, doit briller pour tout le monde, même pour ses blasphémateurs, et de* sa confiance dans les lumières du peuple. Quant à moi, après ce que j'ai vu dans mon trop court séjour, j'espère que les Danois, qui ont avec les Anglais une origine commune, sauront, comme eux, établir un gouvernement libéral sur des bases inébranlables. J'en aurais même la conviction, si la noblesse était plus nombreuse et plus puissante. C'est sur elle et non sur la bourgeoisie, trop versatile, trop prompte à l'engouement, que l'on peut compter pour résister aux sophismes entraînants de la démagogie.
La diète danoise est composée de deux chambrea, l'une haute et l'autre basse. Les membres deJa chambre basse, du Folksthing, sont élus comme les membres des communes en Angleterre sur les hustings^ presque au suffrage universel. Les domestiques, les pauvres et les illettrés, c'est-à-dire en Danemark les idiots et les vagabonds, en sont seuls exclus. Les membres de la chambre haute, du Landsthing, sont élus au suffrage indirect et à deux degrés. On n'est éligible qu'autant que l'on peut justifier de la propriété d'une terre ou d'une rente rapportant 1,200 écus danois. Les députés et les pairs reçoivent, à titre d'indemnité, pendant le temps de la session seulement, trois écus danois par jour, ce qui équivaut à peu près à 9 francs de notre monnaie. Les pairs sont élus pour huit ans et les députés pour trois.
Le Slesvig, qui, d'après le traité de Londres, ne peut être incorporé dans la monarchie, a une assemblée qui porte le doux nom de Slesvigs-St^nderforsamling. Elle
siège à Flensbourg. Ses membres sont nommés pour trois ans; les uns par le roi, les autres, soit par la noblesse^ soit par les bourgs et les villes, soit par les paysans. Le Siesvig, ayant repoussé les bienfaits de la constitution de 1852, est resté soumis au régime absolu. La Diète n'a que droit de conseil. C'est le roi qui gouverne. Le Holstein et le Lauenbourg ont aussi leur Stœnderforsamling, formé de la même manière et ayant les mêmes attributions. A côté et au-dessus de ces assemblées, se trouve le Rigsraad, ou conseil d'État, commun à toute la monarchie. Ses membres, au nombre de quatre-vingts, sont choisis pour huit ans; vingt par le roi (élection royale), dix-huit par les chambres danoises (élection démocratique), douze par les États provinciaux des Duchés (élection féodale), et trente par des électeurs possédant au moins 1,200 écus de rente (élection constitutionnelle). Nous avons vu que les Duchés n'ont pas voulu envoyer des représentants à cette assemblée, qui fonctionne sans eux avec les membres seuls de la monarchie.
Je n'ai passé que quelques mois en Danemark. C'est peu, me direz-vous, pour connaître un peuple. Mais l'histoire du passé mMnitiait au présent, et puis un peuple libre est plus vite connu et apprécié. C'est que sa vie se passe aux yeux de tous, comme celle d'un homme de qui la maison serait de verre. Lisez un journal, écoutez une conversation de café, ou même des propos de commère ; chez ces gens, préoccupés avant tout des affaires de leur pays, tout tourne même involontairement vers la politique. Les plus discrets vous ont bientôt admis dans la confidence de leurs secrets. Vous les connaissez à peine que vous n'êtes plus étran-
ger à leurs espérances^ à leurs craintes, à leurs préjugés» Restez un peu de temps parmi eux et vous partagerez toutes leurs passions. Je me souviens avoir visité Je Piémont en 1852. J'y ai vu, comme en Danemark, un peuple jeune, mais éclairé, appelé depuis peu par un prince généreux à la vie politique, et se montrant digne de la faveur qui lui était accordée. Dans cette voie où il venait de s'engager, le Piémont a trouvé la gloire et la puissance. Les mêmes destinées ne sont pas réservées au Daneniark ; avec la liberté il ne conquerra pas ses voisins, mais il conservera son autonomie, et ce rôle vaut bien l'autre ; s'il est moins brillant, il est plus sûr. L'histoire ne nous apprend que trop que les succès les plus éclatants sont suivis quelquefois des plus sombres revers.
Le plus grand danger couru par le Danemark est passé, grâce à Dieu. En 1848, son héroïsme l'a sauvé; s'il avait succombé dans cette lutte inégale, s'il avait perdu les Duchés, c'en était fait de lui. Mais puisque Dieu a conjuré de si grands dangers, c'est qu'il voulait le laisser vivre, et tout me fait présumer qu'il figurera longtemps encore parmi les nations de l'Europe. Un bien nait quelquefois d'un mal. Cette crise même lui sera salutaire. Il en sera de lui comme d'un homme qui, sorti triomphant d'une maladie qui l'a conduit aux portes du tombeau, voit son sang purifié par cette cause de mort, et sa santé consolidée par cela même qui devait la détruire.
Je suis de ceux qui s'attachent aux hommes qu'ils voient et aux lieux qu'ils habitent. Les Danois me plaisent surtout. J'aime leur bonhomie, leur loyauté, leur bonté. Leur attention délicate envers un étranger comme
moi m'a souvent touché jusqu'aux larmes. Je prenais un véritable plaisir dans le salon de conversation de rhôtel Royal à suivre leurs discours souvent gais, plus souvent sérieux, mais toujours sensés, dans leur belle langue, que je commençais à comprendre. Nous avons en France un mot adorable, le mot adieu. Il est venu je ne sais comment en Danemark; mais le fait est qu'il y a fait fureur. Là, comme en Gascogne, il est toujours à la bouche, que Ton aborde ou que Ton quitte un ami. C'était pour moi une douce émotion d'entendre résonner ce tendre mot de mon enfance, qui me semblait plus tendre encore au milieu d'un langage dur et mal compris. Le français, qui est la langue universelle, a laissé bien d'autres traces dans la grammaire danoise. Une foule de mots s'y retrouvent itftacts, ou tant soit peu défigurés. Celui de restauration occupe avec ses nombreuses lettres la façade de presque toutes les guinguettes si propres et si avenantes qui bordent les avenues de Copenhague. Un jour, en passant dans OEstergade, je vois écrit au-dessus d'une devanture de coiffeur ; « Causse, friseur. » Le nom étant essentiellement français, je supposais que notre homme peu lettré avait fait un barbarisme, ou, comme Corneille, ajouté un mot de plus à notre langue ; je m'informai et j'appris que friseur voulait dire en danois coiffeur. Ainsi, à Copenhague, j'ai trouvé un mol qui nous manque, et je me propose de faire part de cette découverte aux académiciens chargés du Dictionnaire.
Au milieu de mes enchantements s'est glissée une grande déception. J'avais autrefois, chez mon père, ua chien d'une robe fauve, avec de grandes taches blanches, mouchetées de noir. Il était d'une race venue en
France de Danemark. Il était bon, fidèle, soumis; j'espérais revoir dans mon voyage une masse de ses pareils, de qui l'espèce est presque éteinte chez nous. Vain esr poir! je n'ai pas pu, malgré mes recherches, trouver un seul chien danois dans tout le pays.
J'étais allé en Scandinavie, chargé par Son Exe. M. Rouland d'une mission scientifique. J'avais pour but de rechercher et de collationner les manuscrits français relatifs à l'histoire des princes de la maison de Wasa, épars sur les rayons poudreux de ses bibhor thèques. J'attribue en grande partie l'accueil excellent que j'ai reçu à ces fonctions qui, me donnant un caractère officiel et surtout un air de savant, prédisposaient en ma faveur un peuple non moins passionné pour les titres et les distinctions que pour les arts et les belles-lettres. Je- ne saurais trop vivement remercier MM. Verlauf et Wegener de la manière gracieuse et obligeante avec laquelle ils ont mis à ma disposition les trésors littéraires confiés à leur habile direction. Mais la reconnaissance me fait un devoir de nommer, même avant eux, M. Dotézac, ministre de France en Danemark. Il faut être allé, comme moi, au fin fond de l'Europe et dans l'extrême Orient, pour s'imaginer de quel poids est l'épée de la France dans les balances* où sont en équilibre les destinées des diverses puissances de ce monde. M. Dotézac, représentant de la France, est une des grandes individualités du Danemark. Il habite Copenhague depuis de longues années, et personne n'est plus au courant que lui de la politique exceptionnelle que la question embrouillée des Duchés impose au gouvernement danois. Aussi son opinion fait-elle autorité. Jamais du reste plus saine influence n'a été plus
légitimement acquise. Quant à moi, je suis heureux de pouvoir dans ce livre rendre un hommage public au noble caractère et à l'esprit distingué de cet éminent diplomate.
Mon temps était employé d'une manière trop agréable pour ne pas fuir avec rapidité. Le plus grand nombre de mes journées, consacrées au travail, se passait dans les magnifiques bibliothèques de Copenhague. Celles que je réservais aux plaisirs étaient employées à parcourir sa campagne ravissante. Après m 'être égaré sous les voûtes épaisses de ses forêts séculaires, j'allais m'abriter et me reposer dans une de ses fermes si belles qu'elles me rappelaient celles du Latium au temps de Cincinnatus ou de Scipion, espèces de palais rustiques qui témoignent hautement du bien -être, je je dirais presque, de l'opulence de ses agrestes habitants. Quand mes pas se portaient au bord de la mer, je, suivais ses golfes enchanteurs, ou je gravissais un de ses verts promontoires pour contempler de plus haut et plus au loin cette admirable Baltique, aux flots glauques et limpides, si terrible en hiver, et qui venait aujourd'hui si mollement mourir à mes pieds. Aux heures de repos, j'entrais dans la cabane d'un pêcheur; assis à côté de la femme qui rapiéçait les filets ou de Thomme qui fumait gravement sa pipe en attendant l'heure de la pêche, je buvais leur bière, je mangeais leur poisson, tout en essayant de comprendre la conversation que mon guide avait entamée avec eux. J'admirai Tintelligence et souvent la beauté de la femme, la force et presque toujours la bonté de l'homme, la loyauté et la fierté de l'un et de l'autre, et, quand je partais, j'avais toujours soin de laisser dans un coin ignoré la
pièce de monnaie qui devait payer leur gracieuse hospitalité, et qu'ils n'auraient jamais acceptée si elle leur avait été offerte.
Mes plaisirs et mes études m'auraient retenu indéfini*ment à Copenhague. C'est une ville charmante ; la vie y est aussi calme et aussi douce qu'on peut le désirer. Le climat, très-rigoureux en hiver, est enchanteur pendant l'été. A des jours sans chaleur succèdent des nuits sans humidité d'une magnificence incomparable* Les innombrables étoiles dont son ciel profond est parsemé brillent comme autant de soleils, et répandent, à minuit, sur toute la nature, une clarté plus douce et aussi vive qu'à midi. Souvent, au retour de mes excursions dans l'île, après m'être arrêté quelques instants au jardin de Tivoli ou de l'Alhambra, je retrouvai mon appartement de l'hôtel Royal inondé de lumière. Au lieu de gagner mon lit, où cependant mes membres fatigués se seraient si bien trouvés, j'allais m'accouder à la fenêtre de ma chambre. J'avais en face de moi le beau palais de Christiansborg, dont je n'étais séparé que par un de ces canaux à larges quais dont la. ville est sillonnée. Que de fois, absorbé dans mes réflçxipns, j'ai passé la nuit entière, admirant les magnifiques effets de lumière produits par la lune qui éclairait la façade régulière, grandiose et gracieuse de ce superbe monument , écoutant le clapotement de l'eau causé par le flux ou le reflux de la Baltique, tiré de mes rêveries par le chant d'un oiseau nocturne, par les pas précipités d'un passant attardé, ou par la marche discrète et lente d'une ronde de nuit , ou par les strophes que les veilleurs du château récitaient d'heure en heure, et qui, répétées en même temps sur tous les points de la ville, ser-
vent à épouvanter les voleurs et à rassurer les honnêtes gens.
Ce chant des veilleurs de nuit qui, éclatant au milieu du silence, pendant le sommeil des hommes et de la nature, est emporté par la brise et répété par les échos, ce chant qui est dit toutes les nuits, dans la capitale comme dans la plus petite ville de la monarchie, le premier que Thomme entende dans son berceau et le dernier qu'il entendra à son lit de mort, ce chant des rues est rempli d'une poésie naïve et sublime. 11 a été fait, dit-on, au commencement du siècle dernier par l'évêque Thomas Kingô, poëte charmant qui a laissé des odes et des élégies qui le font comparer à Borace en Danemark, et des psaumes qu'on chante encore à côté de ceux du roi David ; comme il peint à merveille les mœurs, les coutumes, les sentiments de ce peuple grave, sage et religieux, je vais en rapporter quelques strophes :