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pour que le rappel de travaux, qui me mirent longtemps à la peine, puisse me mettre aujourd’hui quelque peu à l'honneur, en montrant que l’analyse bactériologique n’a fait, avant-hier comme aujourd'hui, que pleinement confirmer la pathogénie tuberculeuse dénoncée par moi de la pleurésie franche, simple, idiopathique, inflammatoire séro-fibrineuse, dite a frigore des auteurs classiques ».
Ces préliminaires étant posés, nous allons citer quelques exemples. Nous donnerons des observations de pleurésie avec épanchement séreux, hémorragique, purulent et enfin quelques observations de pléurite sèche, toutes suivies au bout d’un certain temps de tuberculose pulmonaire.
OgBservarTion VI. (personnelle).— Tuberculose pulmonaire ; pleurésie antérieure. — Henri G..., 31 ans, marchand-forain, entre à l'hôpital dans le service de M. le professeur Grasset, salle Fouquet, n° 10, le 24 avril 1903.
G... a des antécédents héréditaires très chargés ; sa mère serait morte aliénée, son père serait mort assez rapidement (?), il à, en outre, 6 frères ou sœurs, qui sont morls jeunes, mais il ne sait pas de quoi.
Quant à lui, il est nettement éthylique ; il prenait jusqu’à 6 ou 7 absinthes par jour. Pas de syphilis. Il n’a jamais été malade jusqu’à l’âge de 24 ans , à cette époque il est atteint d’une pleurésie du côté droit pendant son service militaire, qu’il accomplissait en Algérie. Cette pleurésie fut à début brusque, et d’après ce que nous en dit le malade elle présenta tous les caractères de la pleurésie a frigore; une ponction jugée nécessaire donna issue à 1 litre 1/2 de liquide séreux. Après un mois d'hôpital et deux mois de convalescence,
. put reprendre son service pendant 8 à 10 mois, époque à laquelle il fut libéré.
Jusqu'au mois d'octobre 1901, il fut assezbien portant, bien que toussant un peu l'hiver. À ce moment, se trouvant à Paris, il fut beaucoup plus fatigué; il toussait et crachait assez; il entre à Saint- Antoine, où il fit un séjour de 5 mois; ic ce laps de temps il sort et vaque à ses occupations.
Le 25 décembre 1902, il entre à l’hôpital de Poitiers, où il est traité pour tuberculose pulmonaire, Il y reste jusqu’au mois de février 1903, et il en sort assez amélioré, puisque de 62 kilos qu'il pesait à l'entrée il est monté à 68.
Après deux mois, nous le trouvons aujourd'hui loussant et crachant abondamment ; avant-hier il a eu une hémoptysie, c’est la quatrième depuis qu'il est malade ; la première avait eu lieu à Poitiers. Il se plaint d’être très essoufflé et de souffrir entre les deux omoplates.
Le tube digestif fonctionne lrès bien.
G... est très nerveux, il aurait même eu une crise avec perte 1 connaissance il y a un mois. Rêves fréquents et cauchemars .
Depuis un mois, il a beaucoup maigri et a des sueurs nocturnes, mais il ne sent pas de fièvre.
A l'examen direct, on se trouve en présence d'un sujel très grand, mais très amaigri et très pâle.
Le pouls est à 84. il n’y a pas de température.
À la pression, le malade accuse une douleur très forte des deux côtés mais plus marquée au sommet gauche.
On note à l'auscultation tous les signes d’une tuberculose bilatérale à la période de ramollissement.
Le malade sort au bout de peu de jours, appelé par ses occupations avant que le traitement institué (suralimentalion et injections de cacodylaie de soude] ait pu produire son effet.
Nous pouvons {rès bien admettre que le malade avait guéri de sa pleurésie, puisqu'il avait pu terminer son service militaire, qui était assez pénible (il servait en Algérie).
I est probable qu'il serait resté guéri si ses conditions d'existence avaient été autres; malheureusement, cet homme ne s est pas sotgné, il avait, en outre, des habitudes d'intempérance qui ne pouvaient que nuire à sa santé, et sa profession l'exposait à toutes les intempéries ; {out concourait donc à le ramener vers la tuberculose, à laquelle il avait déjà payé son tribut. Aussi, moins de cinq ans après, G... était-il déclaré {uberculeux, et sa tuberculose évoluant sur
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gr CES un mauvais terrain, faisait des progrès rapides ; cependant, on était parvenu à en enrayer la marche à l'hôpital de Poitiers ; nous verrons dans notre troisième partie qu'il n'y a pas là de quoi nous étonner; quand nous avons vu le malade, les lésions étaient sûrement beaucoup plus avancées, et il n'y avait pas à espérer un bien grand succès thérapeutique; on aurait pu, cependant, avec du temps et des soins, le remonter et le remettre à peu près sur pied, étant donné qu'il était apyrétique et que son appareil digestif était indemne, mais le malade n’est pas resté hospitalisé
assez longtemps pour cela.
OBsERvATION VIT (personnelle). — Il s’agit d’une femme de chambre, âgée de 38 ans, qui entre à l'hôpital le 25 octobre 1901, dans le service de M. le professeur Grasset, suppléé par M. le pro-
. fesseur-agrégé Rauzier.
En 1893, cette malade a eu une pleurésie du côté gauche ; depuis cetle époque, elle tousse surtout en hiver. À noter que cette femme a eu trois grossesses. Rién dans les antécédents hérédilaires.
Actuellement et depuis un mois, à la suite d'un refroidissement, la malade se sent plus fatiguée, elle tousse et crache davantage ; les crachats sont épais et jaunâtres ; il existe une douleur dans le côté gauche, exagérée par la toux. Dyspnée assez intense, anorexie et constipation. Pas de vomissements.
La malade accuse quelques palpitations et un peu d'œdème malléolaire. Elle a maigri de 7 kilos depuis le mois de juin dernier et n’est pas réglée. La dernière des trois grossesses date de l’année
dernière.
Temp. 38,5 — 37°,4; tachycardie.
On ne lrouve pas de submatité aux sommets, mais on entend de sous-crépitants à gauche ; on en entend aussi à droite, mais seule-
ment après la toux.
En arrière, submatité très marquée au sommet gauche avec un souffle cavitaire à timbre métallique.
On met la malade à un régime fortifiant : du lait toutes les deux heures avec un pelit repas toutes les quatre heures.
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On prescrit des lavements de phosphotal, du cacodylate de soude . par la bouche et des badigeonnages de teinture d’iode et de gaïacol.
Il est assez difficile de préciser à quel moment la tuberculose pulmonaire a fait son apparition, mais ce qui semble hors de doute, c'est que les trois grossesses successives de cette femme doivent avoir influencé la marche des lésions. Il est probable que, si on avait tenu compte de cette pleurésie, si On y avait vu comme un avertissement et qu'on ait empèéché cette femme de devenir enceinte, il est probable qu'on lui aurait évité sa tuberculose speluncique. Le long espace de temps qui s’est écoulé entre sa pleurésie et l’époque où nous l'avons vue (8 ans) était suffisant pour admettre qu'avec un traitement bien compris, institué dès le début — la tuberculose n'ayant pas suivi ici, selon toute vraisemblance une marche aiguë — on aurait obtenu de très bons résultats.
OgBsErvarTION VIII (personnelle). — Pleurésies à frigore; tuberculose pulmonaire consécutive. — T..., 22 ans, soldat au 122° régiment d'infanterie, entre à l'hôpital le 16 mars 1903 dans le service de M. le professeur Grasset, salle Martin-Tisson, n° 3.
Questionné sur ses antécédents héréditaires, T... nous apprend qu'il est fils unique; son père et sa mère sont bien portants, le premier tousse un peu; ces renseignements ont été corroborés par le
médecin de la famille, auquel nous avons écrit el qui nous arépondu.
qu'il n'avait relevé aucune tare tuberculeuse chez les ascendants de T...; ce dernier n'a jamais été malade avant six ou sept mois; à cette époque il a eu une pleurésie avec épanchement due à un refroidissement, ce sont les termes du médecin traitant. Cette pleurésie a très bien guéri, puisque, quatre mois après, T... partait pour le service militaire Depuis son incorporation, il ne s'est jamais fait porter malade, il ne toussait pas, el a exécuté les mêmes travaux que ses camarades. Lundi dernier, 9 mars, pendant l’exercice, il a ressenti des frissons et un point de côté gauche; à partir de ce moment il a toussé un peu, malgré ce, il continue à faire son ser-
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vice jusqu’au 15: ce jour-là il se présente à la visite et est envoyé à l'hôpital avec le diagnostic de pleurésie.
A la visite du matin, nousne le trouvons pas trop dyspnéique, mais avec une douleur du côté gauche, douleur qui est exagérée par la toux et les fortes inspiralions. La température est à 39°1.
Eu avant, il y a du skodisme à gauche,mais l’espace de Traube est sonore, en arrière, la matité remonte jusqu’à l’épine de l'omoplate. Abolition des vibrations — souffle — égophonie.
19 mars. Le souffle est très-net, l’espace de Traube est toujours conservé; on ne constate pas d'augmentation de la quantité du liquide. Pendant ces trois jours, la température a oscillé entre 38° et 39°. On prescrit 2 gr. de théobromine.