CE VENTE ANNE
LEO naire bénéficiait aussi de ces progrès, et aujourd’hui Trasbot" ne pourrait pas soutenir que la pleurésie si fréquente
chez le chien, très rarement tuberculeux cependant, n’est
pas de nature bacillaire.
Ilest vraiment curieux de voir aujourd’hui avec quelle unanimité tous les procédés auxquels nous venons de faire allusion ont proclamé la nature tuberculeuse de la pleurésie a frigore ; tous les résultats concordent et on est même tenté d’aller plus loin que Landouzy, puisque, grâce à ces procédés, des épanchements qu’on serait porté à attribuer à d'autres agents pathogènes ou à une dyscrasie sont reconnus tuberculeux : « La tuberculose, dit-on, est une cause fréquente de pleurésie. La pleurésie primitive est une tuberculose de la plèvre, voilà l'expression exacte de la vérité? » — «Le mal de Bright, l’anémie pernicieuse progressive, toutes les dyscrasies et toutes les cachexies ont été accusés de produire des pleurésies séro-fibrineuses, de même que les tumeurs abdominales. Toutes les fois que nous avons trouvé ces causes dans les antécédents de nos malades, il nous a été démontré aussi que la cause de leur pleurésie était la tuberculose. Les pleurésies séro-fibrineuses qui ne sont pas tuberculeuses, ne sont jamais primitives ; elles sont dues à une lésion du poumon sous-jacent5 ». — «A notre avis, la pleurésie qui donne lieu à un épanchement non purulent est unique dans sa nature. Il n'y à pas plusieurs sortes de pleurésies séro-fibrineuses, il n’y en a qu’une seule, qu’elle soit primitive ou qu’elle soit secondaire, qu’elle survienne chez un tuberculeux, chez un syphilitique, chez un cardiaque ou
{ TrasBor,— Académie de Méd., 1892, t. XX VII, p. 738.
? Le Damanv. — Bactériologie et pathogénie des pleurésies séro-fibrineuses. Gaz. des Hôp. 1897, p. 1282.
3 Le Damany. — Recherches sur les pleurésies séro-fibrineuses primitives et
secondaires. Th, de Paris 1897-98, no 66, p. 59.
même chez un pneumonique atteint de la pneumonie la plus franche, elle est toujours l’œuvre du bacille de Koch, elle est constamment tuberculeuse. Est-ce à dire que tous les épanchements pleuraux séro-fibrineux des cardiaques, des brightiques, des pneumoniques, des rhumatisants, des cancéreux sont tuberculeux ? Non, sans doute, l'étude la plus élémentaire le démontre, mais, contrairement à l'opinion qui nous paraît universellement admise, ils ne sont pas pleurétiques'». On voit que les idées de Landouzy ont fait du chemin; cependant celui-ci” avait dit, dès 1887 : « J'en suis encore à attendre, malgré mes demandes pressantes et maintes fois répétées, qu’on me montre une pleurésie a frigore sans tuberculose, car je n'en connais pas encore une seule autopsie complète ».
Nous insistons surtout sur ce point, c’est qu'avant de rejeter l’idée de tuberculose, quand il s’agit de pleurésie, il fauf se munir de toutes les garanties pour être sûr que le bacille de Koch ne peut être mis en cause; qu’on se rappelle le cas déjà ancien de Sacaze®, dans lequel on trouva, grâce à des recherches très bien faites et très minutieuses, le bacille de Koch associé au streptocoque ; les cas analogues ne manquent pas, on peut en être certain.
Aussi, à l'heure actuelle, n'est-il plus juste de demander à la tuberculose de faire sa preuve, elle ne l’a faite que trop, c'est maintenant à ceux qui voudront démontrer qu’une pleurésie n'esl pas tuberculeuse d'en donner des preuves irrécusables. Plus que jamais, Landouzy “ aurait le droit de dire : « J’estime que l'Académie ne m’en voudra pas, si je réclame,
! LE Dawaxy, — La pleurésie séro-fibrineuse et les épanchements pleuraux pneumogènes, pseudo-pleurétiques. — Presse médicale 1901, t. IL, p. 237.
2? Lanpouzv. — Pleurésie a frigore. — Gaz. des Hôp. 1887, d. 155.
3 Sacaze, — Pleurésie séreuse tuberculeuse. — Revue de Méd. 1893, pain
4 Lanpouzv. — Académie de Médecine. 1897, t. XX VIII, p. 483.
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