‹ Du Début de la Tuberculose Pulmonaire par les SéreusesChapitre 32 sur 46 · EE · texte numérisé non relu

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Au sommet gauche en avant, on trouve : de la diminution de la sonorité, de l’augmentation des vibrations, de la rudesse dans J'inspiration et de l'expiration prolongée.

Le malade est réformé depuis hier. La température s'abaisse graduellement depuis quelques jours, et le 3 mai, la veille de son départ, le thermomètre n’arrive pas à 37° mile matin, ni le soir.

Cette observation est très intéressante et elle soulève de: graves problèmes. Disons d’abord que nous considérons ce malade comme un tuberculeux pulmonaire au début. Le schème IT de Grancher, qu’il présente sous la clavicule, nous en est une preuve en plus des autres signes stéthoscopiques signalés dans l'observation. Mais nous pensons malgré tout que cet homme pourra encore avec beaucoup de soins guérir de sa tuberculose. L'intérêt de ce cas réside dans ces deux pleurésies failes successivement par le sujet à un intervalle de temps assez grand, avant le débutde sa tuberculose pulmonaire. Si lors de la première, au lieu de soumettre ce jeune homme aux rigueurs des débuts du service militaire, on l'avait réformé, il aurait peut-être conservé ses poumons indemnes. De là l'importance qu'il ÿ aurait dans de pareilles circonstances, comme le fait remarquer Ricochon, à consulter le médecin traitant ; ce dernier dans le cas présent nous écrivait en effet qu'il considérait T... comme doté d'une santé plutôt faible. « La vie civile envoie à la caserne beaucoup de tuberculisables et celle-ci lui renvoie beaucoup de tuberculeux »': aussi, nombre de médecins militaires sontils d'avis que tout convalescent de pleurésie doit être

réformé *.

1 Ricocnon : Tuberculose civile et militaire, influence réciproque. Cong. pour l'étude de la Tub. 4° session 1898 p. 780. — Voir aussi Lowenthal : La Tub. dans l’armée française et Kelsch: même sujet in Revue de la Tub, 190? p. 365 et 499.

2 Kgzscu et VaunLarp. — Loc. cit. p. 168.

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Ossenvarion IX ‘. Pleurésie à frigore reconnue de nature tuberculeuse à la suite de la tuberculisation d'organes autres que la plèvre. — Le nommé X.., 27 ans, sans antécédents héréditaires suspects,vient nous consulter le 23 mars 1889 pour un point de côté avec oppression qu'il attribue a un refroidissement pris 15 Jours: auparavant dans une course faite sur l'impériale de l'omnibus.

Nous constalons les signes classiques d’un épanchement pleural gauche assez abondant. Pas de fièvre; sueurs la nuit; un peu d'amaigrissement. Toux sèche depuis la fin de janvier.

Le cœur est refoulé à droite. Une première ponclion faite le lendemain donne issue à 1500 gr. de liquide citrin. Soulagement considérable. Plus de sueurs nocturnes. Plus de point de côté. Plus de dyspnée.

A l'auscultation, la respiration est normale dans les sommets.

3 avril, la dyspnée ayant reparu et la matité ayant augmenté, nouvelle ponction, qui donne 800 gr.de liquide.Amélioration considérable de tous les phénomènes. Persistance de la matité à la base. Frottenents pleuraux dans les 2/3 inférieurs du thorax à gauche. Rien de suspect dans le poumon. Persistance des sueurs nocturnes. Le malade reprend cependant un peu d’embonpoint.

Juin 1889. — L'épanchement n'a pas reparu. Adhérences pleurales dans tout le 1/3 inférieur du poumon gauche.

Octobre 1889. — À la suite d’un traumatisme, gonflement du coude gauche. Empâtement peu douloureux. Signes d’arthrite fongueuse. Immobilisation. Pointes de feu.

Février 1890. — Amaigrissement. Sueurs nocturnes. Toux sèche sans expectoration; à l’aucullation, respiration rude et saccadée au sommet droit. Révulsion. Suralimenlation. Amélioration des phénomènes généraux.

Août 1890.— Râles sous-crépitants fins dans le sommet droit. Troubles légers de la respiration au sommet gauche.

En plus de l’intérêt qu’elle présente au point de vue qui nous occupe , cette observation peut être regardée comme une application à la clinique des expériences de Max Schüller.

1 Pioray. — Des pleurésies tuberculeuses, Th. de Paris 1890-91 No 203 p. G!,

OBsERvATION X ‘. — Pleurésie primitive. — Par la clinique: tuber* culose post-pleurétique. — Par l'inoculation: pleurésie tuberculeuse. — Par les cultures : pas de microbes banals dans l'épanchement. — Le nommé B..., étudiant, âgé de 39 ans, entre le Q juin 1897, salle Lorain, lit n°18, à l'hôpital Saint-Antoine. Dans ses antécédents héréditaires, nous ne trouvons pas de tuberculose. Il n’a eu qu'un frère lequel est mort-à 46 ans « d’une fluxion de poitrine » survenue au cours d’une bronchite chronique qui datait de 2 ans. B..., n'avait Jamais été malade jusqu'à son mariage. Sa femme est morte il y a 4 ans de tuberculose pulmonaire.

Il a eu une seule maladie, 1l y a 6 ans : une congestion pleuro-pulmonaire qui dura 3 semaines environ et dont il se rétablit très vite et très complètement. Sa santé resta absolument bonne jusqu'aux premiers jours de ce mois. Une dizaine de jours avant son entrée à l'hôpital, il a senti une légère douleur dans la région du mamelon gauche. En même temps il a eu quelques frissons et il a perdu l’appétit.Il a pourtant continué à vaquer à ses occupations pendant plusieurs jours.

Lors de son entrée, on constate tous les signes d’un épanchement dans la plèvre gauche, sans troubles fonctionnels, sans toux et sans douleur.

9 juin. — Thoracentèse : 1 litre de liquide séro-fibrineux. 12 — — HUlIEre — 18 — — s1otre ea

10 juilllet. Le malade part pour Vincennes, très amélioré, mais gardant encore un peu de liquide dans sa plèvre. Il revient dans le service le 16 août, où on lui fait d'urgence une thoracentèse : 1,900 grammes.

Peu à peu, on voit apparaître des signes de tuberculose pulmonaire évidente aux deux sommets.

Malgré les soins dont B.... a été entouré, nous voyons ici que la tuberculose a continué à faire des progrès et que les poumons n’ont pas tardé à être pris. Pourquoi ? La raison nous échappe ; était-ce une forme plus maligne due à des

1 Sicarp. — in Th, de Le Damany, déjà citée, p. 93.

microbes plus virulents ou plus nombreux? c’est possible, et les nombreuses ponctions qu'on a dù faire plaideraient dans ce sens. Malgré ce, nous avons la conviction que la thérapeutique et l'hygiène ne doivent pas être sans prises sur les cas Semblables, car ceux-ci gardent toujours quelque chose du pronostic, bénin en général, des tuberculoses des séreuses.

OBsERvATION XI ! (résumée).— Michel L...., âgé de 62 ans, maçon, entre le 17 mai, salle Piorry, lit n° 31. Son père est mort à 72 ans, sa mère à 48 ans, il a un frère bien portant et quatre sœurs bien portantes. Six sont morts en bas-âge, il ne sait de quelle maladie. En 1861, il a eu dans la région sous-clavière gauche, un abcès produit par les frotlements des courroies de son sac de soldat. Cet abcès dura six mois. Il a un fils bien portant et une femme en bonne santé.

Le début de l'affection actuelle remonte probablement au milieu de mars. A cette époque, il se (trouva un peu affaibli, quoique conservant un bon appétit et ne ressentant aucune souffrance. Le 3 avril, il a dû cesser de travailler. Entré chez M. Jaccoud. le 16 avril (salle Jenuer, lit n° 17), il y reste 26 jours. Rentré chez lui le 12 mai, il a inulilement essayé de reprendre son travail.

Il revient à l'hôpital le 17 mai avec les signes d’un gros épanchement à droite. La température oscille entre 38 et 39°. Le malade tousse fréquemment et expeclore quelques crachats muqueux.

24 mai. L’épanchement a diminué un peu par une évacuation de 200 cc. de liquide séro-fibrineux. Sous la clavicule droite on trouve nettement le schème II de Grancher.

25. Légère diminution de l’épanchement ; frottements pleuraux.

20 juin. Nouvelle ponction par laquelle on retire 1 litre 1/2 de liquide séro-fibrineux.

23. Matité, silence, abolition des vibrations à la base droite. La température, qui a oscillé entre 38° et 39°, est maintenant au voisinage de 37° le matin et de 38° le soir.

1 Le Damany. Th, de Paris, 1897-98, Ne 66, pag. 96

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