‹ Du Début de la Tuberculose Pulmonaire par les SéreusesChapitre 33 sur 46 · PANNE · texte numérisé non relu

PANNE

HAUT AOEES

14 Juillet. Nouvelle ponction qui donne 600 gr. de liquide sérofibrineux.

2 août. L'épanchement ne se reproduit pas, mais le malade se cachectise. La malité est normale aux deux sommets, en avant et en arrière. Submalité dans loute la fosse sous-épineuse droite. Dans la fosse sus-épineuse, du même côté, le murmure vésiculaire est très affaibli, et nous y entendons de plus quelques craquements humides.

5 septembre. Pas de modifications notables dans son état. Le

diagnostic de tuberculose devient de plus en plus évident.

L'inoculation au cobaye du liquide séro-fibrineux démontre la nature tuberculeuse de la pleurésie.

Nous ne voudrions pas avoir l'air de faire des hypothèses plus ou moins fantaisistes, mais, à notre avis, nous trouvons dans cette observation les trois phases que nous décrivons dans notre thèse. La première affection pour laquelle ce malade a été soigné par Jaccoud, pourrait bien être une septicémie tuberculeuse qui a déterminé une pleurésie, à la suite de laquelle est survenue de la tuberculose pulmonaire. Cette opinion, que nous ne craignons pas de soutenir, à été soutenue, nous le verrons, dans des cas analogues, par deux des maîtres de la médecine contemporaine.

OgservarioN XIT'. — Un garçon de 28 ans, vigoureux mécanicien de son état, entre dans mon service pour une pleurésie, a frigore, prise trois semaines avant. Rien ne pouvait faire suspecter la tuberculose, c'était un lype de pleurésie franche. Je constate, à gauche, un grand épanchement que j'évalue à 2 litres, je commence par retirer un litre de liquide séro-fibrineux. Quelques jours plus tard, je retire un second litre. Tout va bien, le malade guérit et retrouve sa belle santé. Mais six mois plus tard il revient dans mon service avec les signes d'une méningite, et il succombe en quelques jours. A l’autopsie, nous constatons la guérison de la pleurésie, il ne reste plus que quelques adhérences pleurales, mais nous trou-

1 Dreuzaroy. — Cliniq. méd. de l'Hôtel-Dieu, t. IV, p. 8.

vons une méningite tuberculeuse et quelques granulations au

poumon.

Dans ce cas, à la pleurésie succède non seulement une tuberculose pulmonaire, mais aussi une méningite de même nature qui emporte le malade. Nous avons vu que cette éventualité était relativement assez fréquente dans la tuberculose des séreuses, en raison de Ja tendance qu'acquiert le bacille de Koch à faire une seconde localisation séreuse après en avoir fait une première. Enfin, cette observation montre bien que la pleurésie était primitive, puisqu'on n’a trouvé à l’autopsie que quelques granulations dans le poumon, 6 mois

après la pleurésie.

Les trois observations que nous allons donner maintenant ont trait à des pleurésies hémorragiques:; celles-ci aussi reconnaissent très souvent pour cause la tuberculose. « Plus je vais et plus je crois à la rareté de l’hématome pleural. C'est presque toujours de la tuberculose». Et Dieulafoy, à qui nous empruntons cette phrase, soutenait encore — nous allons le voir du reste — que cette pleurésie hémorragique pouvait apparaître comme la révélation initiale de la

tuberculose.

OBsErRvaTION XIII? (Résumée). — Pleurésie avec épanchement hématique ; Six ponctions ; Mort. — Ducr..., 24 ans, quartier-maitre des équipages de la flotte, entré à l'hôpital du Val-de-Grâce le 25 juilletÿ1886. D'une constilution assez vigoureuse, cet homme avait toujours joui d'une bonne santé jusque vers la fin du mois d'août 1885, époque à laquelle il fut atteint de dysenterie dans les

! Dieuaroy cité par Faztncu.=—Des épanchements hémorragiques de la plèvre,

Thèse de Paris, 1899-1900, n° 305, pag. 27.

? Kecscn et Varrrarp. — Lésions et nature de la pieurésie. Archives de Phy-

siologie, 1886, tom. VIII, pag. 193.

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