OBSERVATION XV
In adress in Surgery du professeur Smith. Rapportée dans Thérapeutique des maladies chirurgicales des enfants. Traduction du docteur 0. Larcher.
Le malade était un jeune homme de seize ans et demi. En sautant, il tomba le pied droit fléchi sous le tronc et dans l'extension forcée sur la jambe. A première vue, on pouvait très bien croire qu'il s’agisait d’une luxation de l'extrémité inférieure du tibia en avant. La courbure normale du tendon d'Achille était considérablement augmen-
Re die
tée et l'extrémité inférieure du tibia semblait faire fortement saillie en avant du niveau normal du cou-de-pied. Dans l'attitude du repos, le pied était un peu étendu sur la jambe, mais le patient pouvait le fléchir et quand il se tenait debout, il pouvait poser la plante du pied sur le sol. Le péroné était intact; un très court examen suffit pour faire reconnaitre qu'il ne s'agissait pas d’une luxation de de l’extrémité inférieure du tibia en avant. L'état d’intégrité du péroné, la liberté relative avec laquelle pouvaient s’accomplir les mouvements de flexion et d'extension, la façon parfaite dont la pointe du pied s’appliquait sur le sol pendant la marche étaient autant de circonstances qui s'opposaient à ce que l’on admit l'existence d’une véritable luxation.
La malléole interne était un peu plus en arrière qu'à l’état normal; elle était située sur un plan postérieur au bord de la portion du tibia qui faisait saillie en avant, et la distance entre elle et l’épine du tibia était de plus d’un quart de pouce inférieure à celle qui existait entre le bord articulaire et l’épine du tibia du côté opposé. En raison de ces diverses particularités jointes à la notion de l’âge du malade et de la façon dont l'accident s'était produit, on ne pouvait raisonnablement mettre en doute l’existence d’un décollement de l’épiphyse inférieure du tibia et d’un déplacement partiel de cette partie de l'os en arrière, conjointement avec le pied.