‹ Du Décollement Épiphysaire Traumatique: De l'Extrémité Inférieure du TibiaChapitre 24 sur 48 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Lièvre. Thèse de Paris, 1903.

Le 20 janvier, le jeune Alexandre T.., âgé de 16 ans et demi, jouant et luttant avec des camarades, est à un moment donné « tombé » par son adversaire. Il raéonte que, dans sa chute son pied, a subi un mouvement de torsion sur la jambe et qu'il est tombé sur le côté gauche et en arrière. Il essaya de se relever, mais s'aperçut qu’il était dans l'impossibilité de poser le pied à terre.

Le 21, le lendemain de l'accident, il entre à l'hôpital Saint-Antoine dans le service de M. le docteur Charles Monod, se plaignant d’une douleur au niveau du tiers supérieur de la jambe gauche. Son articulation et la partie inférieure de la jambe ne le faisaient, paraît-il, pas souffrir.

A l'examen, on remarqua au niveau du tiers supérieur de la jambe, au point douloureux pour le malade, une légère ecchymose provenant du traumatisme.

À un travers et demi de doigt, au-dessus du cou-de-pied, on remarqua à la partie antérieure de la jambe, une saillie assez proéminente en marche d'escalier.

Cette déformation pouvait faire croire à une luxation du pied en arrière. On trouve à la palpation, que les surfaces articulaires avaient conservé leurs rapports normaux. Les mouvements de l'articulation sont d’ailleurs parfaitement conservés et pas douloureux.

La déformation n’était-elle pas due à une fracture ? Après avoir recherché les signes des fractures et n'avoir

ER point rencontré ni point douloureux, ni ecchymose, ni gonflement, ni mobilité anormale, ni crépitation, on abandonna l'idée de fracture du tibia.

A ce moment, on envoye le malade au laboratoire de radiographie laissant aux rayons Rœæntgen le soin de déterminer la nature de la lésion. L'épreuve radiographique obtenue permit de porter le diagnostic définitif: le malade avait un décollement épiphysaire traumatique de l'extrémité inférieure du tibia, avec décollement du périoste interne ou arrachement osseux.

Après un premier essai de réduction sans anesthésie qui n'avait donné aucun résultat, on fit une dernière tentative sous chloroforme, mais on ne put arriver à diminuer le moins du monde la déformation. C'est alors que la jambe du malade fut placée dans une gouttière ouatée et que l'on commença des séances de massage. Le relief d'abord assez accentué ne tarda pas à diminuer rapidement, et le 23 janvier, quoique la marche fut encore pénible, le jeune T..., quittait l'hôpital pour reprendre son travail.

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