CHAPITRE II
Développement et anatomie normale de l'extrémité
supérieure de l’humérus
Avant d'éludier les modifications pathologiques de l'extrémité sapérieure de l'humérus, il nous semble indispensable de nous faire une idée de sa morphologie.
Comment se présente done à la naissance l'extrémité supérieure de l’humérus ? Comme dans tous ies os longs, nous pouvons distinguer une partie cartilagineuse dans le renflement épiphysaire et une partie ossifiée correspondant à la diaphyse. Mais, tandis que la diaphyse possède une forme à peu près identique à celle qu'elle aura plus tard, la partie supérieure ressemble à l’extrémité supérieure du fémur. Vers le milieu de la première année, au moment de la naissance pour H.
SPENCER, apparait un centre d’ossificalion. A la fin de
la première année, nous trouvons trois centres. (Ces points osseux épiphysaires interceptent une couche de carlilage entre eux et la diaphyse. Cette couche qui constitue le cartilage de conjugaison va s’amineissant avec le développement de l'épiphyse. On peut suivre ce développement osseux qui se fait avec l’âge. En effet, au début de la seconde année, on voit apparaître le point osseux de la tête, celui de la grosse tubérosité au cours de la troisième année, et, à la fin de la quatrième et quelquefois de la cinquième année, celui de la petite tubérosité. Pendant la cinquième année, le col analomique et la coulisse bicipitale séparent les trois centres. Nous assistons durant la sixième année à la fusion des centres. La pelile tubérosité s'unit par sa partie supérieure avec la tête et la grosse tubérosité en reste encore séparée par une couche de cartilage, ce qui explique qu'à cette épope on puisse observer quelquefois la disjonction de la diaphyse d'avec le seul point épiphy= saire qui constitue la tête.
L'épiphyse comprend donc ? tubérosités..
Le 1/4 supérieur de la coulisse biupitale, la tête et le col anatomique.
Une petite partie de l'os en dehors de la petite tubérosité.
L'ossificalion de toutes ces parties n'est faite qu'à la puberté.
L'union de l'épiphyse à la diaphyse se fait par l'intermédiaire du cartilage de conjugaison. Mais elle ne se
fait pas suivant un plan régulièrement transversal : In-
ra arliculaire à sa partie interne, ce cartilage est extra arliculaire à sa partie externe, ce qui est dû à son obliquité en bas et en dehors. DELENS à comparé la ligne épiphysaire alternativement concave et convexe à un S ilalique très allongé, à la partie antérieure, à un accirconflexe à la partie postérieure. Elle ménagerait une sorte d'emboîtement réciproque entre le cartilage épiphysaire etla diaphyse, l’'épiphyse, nous dit Poirier, consliluant un couvercle dont le centre reçoit l'éperon émanant du milieu de la surface diaphysaire sous-jacente.
Celte forme du plan d'ossificalion, à peine marquée au moment de la naissance, déjà nelte vers l’âge de un à deux ans, s'accuse avec le temps au fur et à mesure de la soudure des épiphyses : on doit la retrouver intacte sur les deux surfaces d’un décollement et nous verrons plus tard que l’éperon émané de la diaphyse joue un rôle dans l’engrenement que l’on voit dans les décollements imparfaits.
Ranvier a décrit, sous le nom d'’encoche d’ossification, une sorte d’enclavement du carlilage de conjugaison aux deux extrêmilés de la ligne épiphysaire. Cette encoche conlient les fibres arciformes, qui, prenant naissance au sein même du cartilage, se portent à la surface de l’os en formant la couche la plus profonde de l’enveloppe périostique.
Nous savons comment est constilué macroscopiquement le cartilage de conjugaison, il nous réste à étudier sa structure microscopique. C’est à Broca qu'il faut
s'adresser pour s’en faire une idée nette. Il a nettement
ie.
distingué la région en deux parties. 1° l’une sous-jacente au cartilage de l'épiphyse qui n’est plus du cartilage + normal, zone « bleuâtre », couche « chondroïde » et de prolification où se présente un cartilage sérié.
% L'autre, qui lui fait suite el n'est pas encore du tissu spongieux, jaunâtre, spongioïde, ostéoïde ou de calcification. Or, à la limite de celte zone ostéoïde se fait une dilatation vasculaire intense qui provoque l’ouverture des cavités carlilagineuses les unes dans les autres el la résorption du tissu cartilagineux. On s’explique aisément ainsi la fragilité de celte couche intermédiaire où le cartilage est en voie de résorption et le lissu osseux seulement en voie de formation, où il n'y a plus de cartilage, et où il n'y a pas encore d'os.
L'épaisseur de ce cartillage de conjugaison diminue avec l’âge. Celte épiphyse étant la plus fertile, la soudure ne se fera que tard, vingt deux ans chez la femme, plus tard chez l’homme jusqu'à 25 ans. C’est seulement à la soudure complète que s'élablira la communication entre les alvéoles médullaires du tissu spongieux épiphysaire et diaphysaire, et que toute possibilité de dis-
Jonction diaphyso épiphysaire sera écartée.