CHAPITRE IV
SYMPTOMALOGIE.
Nous avons vu les variétés de lésion que l’on observe dans les décollements. Chacune de ces variétés donnera lieu à un cortège de symptômes spéciaux qui permettra d'en pressenlir le diagnostic avant la radiographie. Il nous semble rationnel de classer leur étude clinique dans l'ordre même de la gravité du traumatisme.
1°) La disjonction sans déplacement de la diaphyse, tel est le premier degré de décollement. C'est le plus bénin, celui qui suppose la plus minime violence. Aussi le trouve-t-on chez les nouveaux-nés ou dans la toute première enfance c’est-à-dire à l'âge où les causes directes ont le moins de chance d'exister. L’atlitude du blessé est nette : Il se présente l'épaule légèrement abaissée, le corps penché du côté atteint, le coude soutenu de la main saine. Quoipue la douleur soit peu vive, le gonflement modéré, les mouvements de l'articulation
sont abolis, empêchés par une contracture instinclive
SLR
immobilisantle membre. Pourtant, pas de déformation ; on peut par une traction déterminer, au niveau du cartilage de conjugaison, un écartement des fragments engendrant une légère dépression. De même, met-on le bras en abduction il se forme un angle au niveau de l'interligne fragmentaire. C'est tout juste si la palpation détermine de la mobilité anormale. Le seul signe évident, relevé par Lous les auteurs qui ont traité de la question, est une crépitation douce, moclleuse, obtuse. Quelquefois le malade a ressentiau moment de la disjonction, un léger bruit, un craquement analogue à celui que délermime une traction un peu forte sur les doigts. Mais c'est par. la mobilisation personnelle des fragments que l’on se” rend un compte exact de celle crépitation. Au lieu du bruit rugueux observé dans le frottement des surfaces fraclurées, on obtieutune crépilalion sourde, éloignée, rappelant, ainsi qu'on l'a dit, la différence du souffle lubaire de la pneumonie d’avec le souffle doux, lointain, comme voilé de la pleurésie. PoLaNp, JETTER. nous fournissent des observations relatives à ce premier stade de décollement. Il ne faut pas s'attendre à toujours percevoir cette erépitation : comme le souffle pleurélique auquel on l'a comparée, elle peut être trop faible pour êlre perçue et c'est dans ces cas que la seule radiographie pourra trancher le diagnostic.
2) Plus souvent, l'on a occasion d'observer des décollemeuts avec déplacement. Pour peu que le lraumalisme soil un peu violent on assise au déplace-
ment incomplet de la diaphyse en avant et en haut.
bise
Jusqu'ici l’on a surloul rapporté des cas où sous l'acion des muscles du creux de l’aiselle l'extrémité humévale inférieure se portail en dedans. Un des buts de notre travail est de mellire en relief la déviation opposée où l'axe diaphysaire se porte vers la face exlerne de de l'épaule. Le déplacement est l'inverse de celui observé dans la fracture du col chirurgical de l'humérus, exactement comme le déplacement du décollement de l’'épiphyse inférieure du fémur est inverse du déplacement de la fracture de l'extrémité inférieure du fémur.
Dans cette situation où l'épiphyse est plus ou moins renversée, on senten dehors et en dessous de l'apophyse coracoïde une saillie qui peut être légèrement convexe, horizontale, transverse, plate, douce ou bien unie. Elle ne donne pas l'impression de la tête humérale étant moins arrondie. Du reste on constate la présence de l’'épiphyse dans la cavité giénoïde et tandis que la saillie sous-caracoïdéenne suit les mouvements impriimés au coude de douloureux craquements prouvent la disjonction de la tête demeurent d'ordinaire immobile. À un pouce au dessous de l’acromion sur la face externe ou postéro-latérale de l'épaule on constate une’ dépressibilité très accusée dans le quart postérieur. Les 3/4 antérieurs sont en général occupés, mais comme la tête est fréquemment en sous glénoïdienne souvent la dépressibilité existe immédiatement au dessous de l’acromion. Théoriquement, on ne devrait pas
constater d'augmentation de la dépressibilité sous acro-
miale, mais seulement une dépression à 3 cm. au-des-