‹ Du Décollement Traumatique de l'Épiphyse Inférieure du TibiaChapitre 17 sur 20 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Gayet, Lyon chirurgical, août 1910.)

Communication de deux cas de décollement juxta-épiphysaire de l'extrémité inférieure du tibia chez les. adolescents.

Le premier fait se rapporte à un jeune homme de seize ans, Gustave, entré à l'hôpital de la Croix-Rousse, le 13 avril

En courant dans la rue le malade a cltase et a tombé le pied gauche pris sous lui et tourné en dedans.

A son entrée, on observe du gonflement des tissus paraarticulaires, la lésion a l'aspect d’une forte entorse, maïs on ne trouve aucun des signes de la fracture. Cependant la radiographie nous montre un entrebâillement en avant de la ligne d'ossification juxta-épiphysaire du tibia et si le gonflement n'avait pas été aussi considérable, on aurait certainement perçu à » centimètres au-dessus de l’interligne, une saillie surplombant l'épiphyse qui aurait fait faire le diagnostic. Il est à noter sur cette épreuve que la partie postéro-externe de la ligne épiphysaire a résisté au décollement et que celui-ci se continue par un trait de fracture vertical en équerre. . C'est la règle pour ces cas de décollement de l'extrémité inférieure du tibia.

Le traitement a consisté en l'application d’un bandage plâtré, le pied étant ramené en avant et en légère flexion sur la jambe. Le résultat a été parfait et vingt-huit jours après Je malade a été délivré de tout bandage et commençait à

marcher.

rh

OBSERVATION X (Gayet, Lyon chirurgical, 1910.)

Lucien M..., âgé de quinze ans, tombe de bicyclette le 17 novembre 1908. Dans la chute le pied droit est resté pris dans le cale-pied de la pédale. Il y a donc eu un mouvement d'hyperextension et probablement d’abduction forcés.

Ilentre deux jours après à l'hôpital de la Croix-Rousse, avec un cou-de-pied très gonflé, des phlyctènes et des ecchymoses considérables surtout sur la face externe. Le pied est en extension légère avec un peu de varus et de rotation. À la partie antérieure immédiatement au-dessous d'un surplomb tibial, on sent une dépression anormale qui est

au- dessus de l’interligne tibio-tarsien. Il y à en outre une déformation en baïonnette, comme dans la fracture de Dupuytren.

La palpation n’est pas douloureuse sur la face interne du tibia, mais sur la face externe la pression éveille des douleurs depuis l'interligne, jusqu’à quatre travers de doigts au-dessus. Le péroné est également douloureux sur sa face antérieure et à 3 centimètres de la pointe. à

Les mouvements sont très douloureux, on obtient cepen-

dant la flexion à angle droit et l'extension presque complète. Les mouvements de latéralité sont faciles ; il y a. une grosse laxité articulaire:

Radiographie.— La radiographie nous montre des lésions analogues à celles du premier cas, mais avec un déplacement plus accentué. L'épiphyse s'est décollée dans sa moitié

antéro- interne, à partir de ce point la ligne d’ossification a

‘résisté et un trait de fracture très oblique, presque en équerre, s'élève perpendiculairement à cette ligne. Le péroné est fracturé suivant une ligne très oblique commençant en bas et en dedans à la hauteur de l’épiphyse et atteignant quatre travers de doigts plus haut le bord externe du péroné. Les fragments antérieurs, entraînant le pied, ont glissé en arrière et en dehors donnant l'explication de la déformation en baïonnette observée. C'est le type de la fracture juxta-épi-

physaire par extension.

OBSERVATION XI (Résumée) (Monsaingeon, Revue d'Orthopédie, 1909.)

Un enfant de douze ans, dans l'après-midi du 25 janvier 1908, en voulant descendre précipitamment d'un mur de clôture saute sur un tas de pierre. Le pied gauche porte à faux, tourne en dehors, l’enfant tombe et en se relevant ne peut plus marcher. Ramené chez lui, il reste sans soin jusqu’au lendemain. Le 27 janvier il est amené à l'hôpital.

A l'examen on constate un gonflement énorme de toute la région tibio-tarsienne gauche comprenant le tiers inférieur

de la jambe et descendant sur la face dorsale, du pied jusqu'aux phalanges.

Sur la face externe de la jambe, on note une déformation

angulaire en coup de hache bien nette à 5 centimètres au-dessus de la pointe malléolaire. La concavité postérieure du tendon d'Achille est exagérée, le pied est manifestement reporté en arrière, de plus il est déjeté en dehors et l’axe de la crête tibiale vient passer à 1 cent. 5 en dedans du gros

orteil.

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