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“il est évident que nous s devrons appliquer à à la conception du cos-
tume les mêmes principes qui nous ont guidés dans la création du Ho 4 décor. Ainsi le costume historique ne sera pas une copie fidèle detous : les détails que nous donnent les documents. La, comme dans le
décor, nous remplacerons la copie par une interprétation, interprétation des caractères généraux.
Les recueils d'Histoire du (A A les Racinèt, les Hottenroth,
s ’évertuent à être aussi peu caractéristiques que possible: ils contiennent, tout ‘ensemble, les traits les moins significatifs auprés des plus essentiels. Nous devrons, tout d’abord, puiser à d’autres ; sources : musée de costumes, ou tableaux, sculptures, gravures du temps. Et ensuite nous tâcherons de les oublier. Alors nous pour- rons. imaginer des costumes dont la caractéristique générale, la
| coupe, la silliouette, donne l'évocation dt une époque. Ù
Ne craignons pas, d ailleurs, d’ exagérer. Comme le meilleur portrait frise la caricature, le. costume historique devra souvent déformer 1 pour caratériser. Le costume, en effet, compte avec l optique toute | spéciale du théâtre : une optique ou la distance et la situation de l'acteur dans un grand espace éclairé ont vite. fait de niveler les CAN ayons done pas peur de les renforcer par des artifices.
| A cette caractérisation par la silhouette, c'est-à-dire encore par |
: ; a la proportion, Ja couleur. vient ajouter son élément psychologique:
Mais l'expression du costume dépend, en outre, de la #atière. Nous rions aujourd’hui des costumes d'opéra avec leurs velours et leurs soies couvertes de broderies d’or et de poussière. Ils sont pour nous du carnaval. Le théâtre moderne, de même qu'il oppose à la naïveté coloriste les couleurs d'affiche, remplace volontiers la matière trop brillante du costume par le calicot. La couleur d'affiche et le calicot — et nous voilà bien servis! Le bel ensemble scénique, qui en résulte, rappelle une fête improvisée entre étudiants ou un bal travesti dans une pension de famille à six francs, vin compris. Même des spectacles d'avant-garde nous ont souvent laissés sous cette splendide impression.
Si une humanité habillée continuellement de soie et de velours nous semble absurde, il faut bien dire que l'humanité ne s’est jamais habillée de calicot non plus. Elle était pour la plus grande part, habillée de laine et de cuir. Auséi la laine et le cuir ne seront-ils jamais ridicules sur la scène. Cependant, ce n’est pas la qualité
réelle du tissu que nous rechercherons dans le costume, mais l’impression scénique qu'évoque la matière. Si nous pouvons donner cette impression avec du calicot, soit — mais ne montrons pâs du calicot qui ne représente que du calicot.
Il y aurait ainsi toute une science du tissu théâtral moderne à créer. Chaque costume pose un nouveau problème que: nous ne pouvons résoudre que par l'expérience — quitte à profiter de nos fautes.
Une dissonance d’un autre ordre peut rompre l’unité que la couleur assurait entre le décor et le costume. Si nous faisons évoluer, par exemple, dans un décor conçu en grands volumes, des costumes conçus par petits détails, couverts d’un grouillement d'ornements, immédiatement un écart se produira entre le costume et le décor. C’est ainsi qu’à la représentation de /udith la dissonance était désas-
treuse entre les costumes de Bakst et les décors — d’ailleurs excel-
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PL. 12. Décor pour Le Grillon du Foyer (Odéon, oct. 1923). L'expression psychologique par la proportion est possible même dans un décor entièrement réaliste. La misère, chez Dickens, n’est pas désespérée comme celle du naturalisme russe ; c’est une misère touchante et qui n’est pas sans humour. En coupant la scène en diagonale, j'ai obtenu un intérieur trop haut d’un côté, trop bas de l’autre, qui donne cette impression.
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ns différentes. Aù dessus de l'unité plastique et coloriste.