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Du STYLE DE LA MISÉ EN SCÈNE
Il peut sembler singulier qu’un essai qui tâche de fixer les éléments de la scène moderne ne réclame pas un langage de formes unique et ne pose qu' un seul principe qu englobe les tendances | | les plus différentes. pute A el Re /
: Nous avons vu, en effet, que k décor plastique Fr les’ inter 1x prétations les plus diverses. De prime abord, des murs plastiques, |
rendus encore plus réels par l’ application d'une couche de sable ete de cailloux, des charmilles faites de feuilles stérilis sées, des portes | |
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PL. 13. Décor pour Le Bourgeois Gentilhomme (Odéon, octobre 1924) ; décor-pastiche (page 53). Voir ch. IX : Du
style de la mise en scène.
DU STYLE DE LA MISE EN Res 7 Nous ne croyons pas que cela soit nécessaire ni, même, utile. | Pas utile : car, tout d’abord, le metteur en scène ne saurait | impo- | ser à toutes les pièces un seul principe, unique et invariable ; il doit trouver, au contraire, dans le caractère de chaque pièce, comment peut s'éloigner ou se rapprocher de la réalité l’ordre de sa mise en scène. Le siyle n est point l’expression d'une idée préconçue de stylisation qu’on applique indifféremment : an importe quelle pièce; il provient de |” unité de la conception théâtrale, quand tous les éléments scéniques représentent l'œuvre du poète de manière à satisfaire la réceptivité de l'époque. Nous jouissons donc d’une grande ï. latitude dans l'établissement de nos synthèses. Il serait, certes, erroné d'imposer une stylisation par trop poussée à certains drames naturalistes qui figurent encore dans notre répertoire (et M. Pitoëff l’a bien compris quand la utilisé, pour les & Bas-Fonds » de Gorky les dispositions que nous devons au natulisme de Stanislawsky). Ces drames sont le produit d’une époque et en conservent si fortement là: marque dans les paroles, les gestes et tout le procédé dramatique, que la mise en scène se doit de ne pas la leur retirer. Aussi est-il devenu assez diffcile de donner une représentation de ces pièces qui les rapproche de notre manière de voir sans porter atteinte à leur caractere. Pour certains de ces drames, tels « Rosmersholm » ou « Si nous nous réveillons d’entre les morts », il serait possible de dégager ce qu’ils contiennent d’eternel bumaïn, et, par suite, d'établir la mise en scène sur le même plan. Cependant, ‘bien des détails de la vie journalière, bien des commérages de petite ville norvégienne HSE Nat encore dans une ambiance que nous situerions hors de la réalité. | Le cas est tout autre pour le drame moderne, et aussi pour les | œuvres classiques. Le drame moderne répond, en lui-même, à nos
conceptions. Quant au drame classique, son éternel bumain peut
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trouver dans la sensibilité de ous pan une nouvelle Rise
sion. Nulle part nous ne serons jamais aussi libres que devant le grand drame, qu'il soit de Shakespeare, de Racine ou de Goethe. Aussi pouvons-nous considérer comme non fondés les repro-
ches qu'ont faits certains au « Kamerny-Theatre » de Moscou d’a-
voir faussé la « Phedre » de Racine. C’est, au contraire, en nous
laissant exprimer ses beautés far nos moyens que la tragédie permet a l’art de ia scène de donner sa mesure.
Et même pour le drame classique une grande variété de solutions sera nécessaire. Nous ne pourrons guère synthétiser « Roméo et Juliette » de la même manière que « Macbeth » ou & Hamlet ». Des drames comme. & Macbeth », &« Hamlet», « le Roi Lear », qui se déroulent hors du temps, pour ainsi dire, et de toute époque, réclament une synthèse toute autre que «Richard II » ou le « Marchand de Venise ». | |
Le théâtre n’est du théâtre que par cette possibilité de variation. À part les quelques principes très généraux que nous avons-énoncés, il-n’'est donc pas, pour la scène, de dogme qui tienne. Avant de nous occuper de l'expression par la couleur, la lumiere, la proportion, nous devons donc chercher l'expression par le choix même de nos moyens scéniques. Le théâtre actuel, par contre, risque de s'appauvrir à force de donner dans une formule du « moderne », en prétendant faire du prin cipe de simplification quelque chose d’immuable, Le
Il faudrait s'entendre éncore sur le sens de cette « simplification », dont nous parlons toujours. On confond souvent deux sortes de simplification, qui sont, cependant, à l'opposé l’une de l'autre. D'une part, une simplification que poursuivent tous les arts; cette simplification, la seule valable, qui chez l'artiste domine la fantaisie et soumet l'imagination aux lois de l’art est un effort vers la maitrise consciente, vers le maximum d'expression par le minimum des moyens. Cette simplification est une fin, un point d'arrivée, ce
n'est guère un point dé départ.