‹ Du degré d'utilité de l'anatomie comparée dans l'étude de l'anatomie humaineChapitre 7 sur 11 · VII · texte numérisé non relu

VII

Extrémités articulaires.

L anatomie des animaux prête un utile secours à l anatomie humaine dans létude de quelques parties du système osseux, et notamment dans l’étude des parties qui concourent à la formation des articulations diarthrodiales. Les extrémités articulaires des os sont, en effet, beaucoupplus poreuses que la diaphyse, et reçoivent des veines beaucoup plus volumineuses que celles qui arrivent à cette partie de l’os. Ces extrémités sont en outre encroûtées d’une couche cartilagineuse dont les cellules

(1) Comment, de struct. périt. Goettingue, 1817.

offrent une disposition utile à connaître. En effet, ces cartilages , dans quelques cas morbides, sont recouverts d’une membrane vasculaire qui les double en tout ou en partie. Souvent aussi ils sont absorbés, détruits; et, dans ces points , la partie osseuse restante offre une disposition parfaitement connue des pathologistes. Pour avoir la clef de tous ces phénomènes, il est important de suivre le mode de vascularisation et d’ossification du cartilage épiphvsaire, et cette élude ne peut être faite d’une manière convenable qu’à la condition de recourir à l’examen des mêmes parties chez les animaux vertébrés. On observe, lorsqu’on se livre à cet examen, que la vascularisation de l’épiphyse est indépendante de celle de la diaphyse. Dans la diaphyse, en effet, les vaisseaux sont capillaires, fins et serrés; dans l’épiphvse, au contraire, ce sont des canaux volumineux, dichotomisés, et se dirigeant vers le centre où apparaît d’abord le noyau d’ossification. Mais, atteignant plus tard le cartilage, ces canaux forment des sinus veineux dilatés, dont la partie la plus développée se trouve adossée au cartilage d’incrustation, et est recouverte par une lamelle osseuse très fine, adhérente à ce même cartilage. Il résulte de cette disposition que, toutesles foisque ces parties articulaires del’ossont malades, le cartilage d’incrustation n’étant plus alimenté à la manière ordinaire, finit par s’en séparer et s’exfolie.

Tous ces détails de structure ont été bien observés et décrits parToynbee(i). Cet anatomiste a aussi démontré qu à une certaine époque de la vie embryonnaire, les cartilages sont recouverts d’une membrane vasculaire continue avec la synoviale; et qu’à mesure que le dévelop-

(4) Phüosoph. (ransacl. 1841.

pement avance, les vaisseaux diminuent de calibre et s’atrophient, si bien que, au moment de la naissance, on trouve à peine des restes de cette membrane vasculaire sur la circonférence du cartilage.

Cette étude, d’une importance que personne ne songera à contester , en ce qu elle nous aide à comprendre beaucoup de phénomènes morbides, ne pouvait être bien réalisée qu’à l’aide de l’anatomie des animaux.

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