VI
Membranes séreuses.
Pour acquérir une connaissance complète de la structure des membranes séreuses , l’anatomiste devra les étudier concurremment chez l’homme et chez les animaux ; et ce qui l’oblige nécessairement à recourir aux animaux dans cette étude comme dans celles qui précèdent, ce sont les procédés ordinaires d’investigation , les macérations , les injections et le microscope.
Les injections des séreuses de 1 homme sont difficilement et rarement conduites et accomplies avec succès; elles réussissent, au contraire , assez bien chez les animaux ; et, pour citer quelques exemples , c’est dans les séreuses des animaux que Bleuland, Scbrœder, Van-der- Kolk et Koker (1) ont obtenu l’injection des capillaires si fins et si déliés qui se distribuent dans la partie la plus interne de ces membranes. C’est encore dans ces mêmes séreuses des animaux que Lambotte (2) a injecté les réseaux veineux qu’il croyait communiquer directement avec les vaisseaux lymphatiques.
L’étude des membranes séreuses dans les espèces animales, à l’œil nu ou au microscope, facilite l’examen
(1) De subtiliori membranarum serosaram fabricà. Utrecht, 1828.
(2) Bulletin de l’Acad. des science» de Bruxelles.
des plans fibreux déjà indiqués par Baglivi, et fait parfaitement sentir la séparation des membranes séreuses en deux feuillets, séparation décrite par Langeheck (i). Il en est encore de même du tissu fibreux simple et du tissu fibreux élastique qui constituent ces membranes. En effet , ces deux éléments forment un réseau résultant de l’entre-croisement des fibres les unes avec les autres , réseau dont les mailles sont d’autant plus étroitement serréesqu’on approche davantage de la surface. 'Foutes ces dispositions auxquelles il faut ajouter la couche épithéliale de la surface interne des séreuses , exigent impérieusement une étude des mêmes parties chez les animaux , et peu de temps après la mort.
Nous ajouterons que la question de l’existence ou de la non-existence des nerfs dans les séreuses, question depuis si longtemps combattue, recevrait probablement quelque lumière, et peut-être un éclaircissement complet, de l’étude des mêmes membranes chez les animaux.