INTRODUCTION ET HISTORIQUE
L'étude des rapports qui existent entre les états psychiques morbides et les états organiques pathologiques, en permettant de rapporter les troubles des facultés intellectuelles à des modifications organiques du système nerveux, en montrant que le cerveau est solidaire des autres appareils de l’organisme, et qu'une vie intellectuelle régulière n’est possible que grâce au fonctionnement harmonieux de tous nos organes, a fait entrer la psychiâtrie dans une voie nouvelle, rationnelle et féconde.
On a compris que les troubles de notre vie psychique sont la conséquence d’un fonctionnement défectueux du cerveau, On a établi que la pathologie du cerveau n'était pas dans ses grandes lignes une pathologie spéciale et en particulier que Îles
mêmes causes pathologiques peuvent agir sur le cerveau et engendrer des désordres intellectuels, qui agissent sur les autres organes dont elles adultèrent les fonctions.
Parmi les facteurs étiologiques variés qui président au développement des maladies il en est un dont le rôle est certes prépondérant. C’est l’intoxication, dont la notion est une des acquisitions les plus précieuses de la pathologie générale.
On s’est attaché depuis un demi-siècle, à mettre en lumière le rôle de l’intoxication dans la genèse des troubles psychiques. On y a admirablement réussi.
On sait que des symptômes d'ordre mental peuvent apparaître au cours de la plupart des intoxications par les poisons minéraux, les poisons végétaux et les alcaloïdes. C’est ainsi que les troubles psychiques de la pellagre, longtemps rangés dans le cadre de la paralysie générale, appparaissent nettement aujourd’hui comme la conséquence d’une intoxication par l’ergot de seigle. Parmi les poisons microbiens, certains, comme le virus de la rage, produisent avec prédilection des désordres de la vie intellectuelle.
Enfin le rôle de l’auto-intoxication est certainement considérable dans la genèse de nombre de
troubles intellectuels, On recourt même volontiers
aujourd’hui à cette notion d’auto-intoxication quand on veut expliquer à tout prix certains phénomènes. Il faut se garder de généralisation hâtive, mais il