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n’est pas douteux que l'introduction en pathologie mentale des facteurs intoxication et auto-intoxication a permis d'expliquer d’une façon rationnelle et° satisfaisante bien des phénomènes dont la compréhension fût sans elle restée très obscure.
On ne peut plus discuter l’origine de la pathogénie de certains délires qui apparaissent au cours des insuflisances organiques. Ces délires sont manifestement des délires autoxiques. Il nous suflira de rappeler l'historique de la question pour montrer la place considérable qu’ils occupent en pathologie mentale.
L'histoire de ces délires estde date toute récente(r). Il était nécessaire, pour les séparer des autres délires, de connaître les rôles antitoxique et toxolitique du foie et d'établir la théorie de l’auto-intoxication. On a parlé depuis bien longtemps des rapports qui existent entre certains états psychiques, tels que l'hypochondrie et les troubles hépatiques. Mais on ne possédait à cet égard aucune notion bien nette. C’est vers 1890 que le problème se posa avec précision.
M. Charrin publia l'histoire de plusieurs malades qui au cours d’affections hépatiques avaient présenté des troubles mentaux. Dans un cas de cirrhose atrophique il avait noté une diminution notable de l’activité psychique. Dans un autre cas de cirrhose il avait observé un délire vespéral avec hallucinations.
1. On trouvera un historique détaillé de la question dans la thèse de Juquelier (1904).
Au cours d’un cancer du foie il avait vu le malade atteint de confusion mentale.
En même temps, M. Klippel, à l'asile de Sainte- Anne, recherchait chez les aliénés les insuffisances hépatiques latentes, montrait qu'on les rencontre avec une extrême fréquence au cours de certaines maladies mentales, et ilétablissait avec précision qu’il existe une relation de causalité entre certains troubles mentaux et en particulier certains délires et l’état d'intoxication que crée l'insuffisance hépatique.
Il prouvait dès cette époque que chez les alcooliques le délire chronique n’est pas dû à l’action directe de l’alcool sur le cerveau, et qu'il est symptomatique d’une lésion du foie. Dans une série de mémoires postérieurs, il revenait encore sur cette question et montrait que chez les tuberculeux, chez les arthritiques le délire est toujours la conséquence d’une dégénérescence dans la cellule hépatique.
Au Congrès de La Rochelle en 1892, où M. Klippel communiquait une partie de ses recherches, un rapport de MM. Régis et Chevalier-Larance, représentait la mise au point pour l’époque des rapports des troubles psychiques avec les auto-intoxications.
Puis Régis, dans plusieurs mémoires sur les autointoxications et les délires, s’attachait aussi à montrer toute l’importance de l'insuffisance hépatique dans l’apparition de nombreux délires.
Les travaux ultérieurs de Joffroy, de Mongieri, de Ballet, de Pigouroux, les publications nombreuses
dont on trouvera la mention au chapitre de bibliographie, confirmèrent les travaux antérieurs sans ajouter rien d’essentiel. Le nombre considérable des publications sur ce sujet prouve la fréquence des troubles mentaux et plus particulièrement des délires dans les états d’auto-intoxication par insuffisance hépatique. Il y a entre les deux phénomènes une relation de causalité. C’est une loi générale aujourd’hui bien démontrée.
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