‹ Du Délire des Actes dans la Paralysie GénéraleChapitre 6 sur 8 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation 1

(Personnelle)

E. Léon, bijoutier, âgé de 37 ans né présente pas d’antécédents héréditaires. Son père est affaibli par l'âge, sa mère bien portañte. 4 :

Il a deux enfants: un garçon de 9 ans, une fille de 5 ; mais dans l'intervalle des deux accouchements sa femme a fait une fausse couche. Léon ne semble pas avoir été syphilitique. En revanche il s’est adonné à l'alcool depuis très longtemps et a contracté au régiment des habitudes de masturbation qu’il a conservées. à

Il y a près d’un an son caractère changea assez brusquement au dire de sa femme. Il abandonne son travail, refuse de louvrage. Sa main a d’ailleurs perdu sa sûreté habituelle et tout travail délicat lui devient impossible. Dès ce moment là on peut constater de l’inconséquence, du défaut de suite dans les idées ; il

devient irritable, s'emporte pour des motifs futiles, se livre à des achats inutiles et dispendieux peu en rapport avec son état de fortune. Il se trouve cependant très heureux, parle volontiers

gd

des sommes considérables qu’il a gagnées et fait preuve en toute accasion d'une activité maladive qu'on ne lui connaissait pas

auparavant.

Vers la fin du mois de mars 1898 pour un motif des plus futiles il frappe son père d'un coup de couteau, il avait déjà essayé de violer sa sœur.

Arrêté pour coups et blessures, l’affaire reste sans suite judiciaire, et le malade entre à l’asile de Villejuif dans le service du D: Pactet où nous avons pu le voir et l’interroger. .

1] présente une inégalité pupillaire assez nette, mais pas de signe d’Argyl-Robertson.L’embarras de la parole est manifeste, le malade accroche fréquemment. Les facultés intellectuelles sont affaiblies en masse ; le malade se rend cependant à peu près compte de sa situation actuelle ; il essaie même de justifier les actes répréhensibles qui lui sont reprochés. S'il a voulu frapper son père c’est que celui-ci le battait pendant son enfance ; il avait toujours été pour lui d’une dureté et d’une injustice révoltantes ; il l'empêchait enfin de se livrer à ses occupations préférées, la lecture en particulier. « J'ai frappé mon père parce qu'il m'empéchait de lire tranquille », nous dit-il. E. Léon parait trouver cette raison bien suffisante pour expliquer son acte qui lui semble naturel.

Quand à sa tentative de viol sur sa sœur, il s’en défend énergiquement. Il n’a pas voulu la violer, il s'est simplement défendu contre elle. On le calomnie.

Le malade nie ses anciennes habitudes d’alcoolisme.

On note quelques idées de persécution. Les réflexes sont légèrement exagérés, l’état général satisfaisant.

Le malade s’est livré à quelques violences contre les personnes de son entourage.

Observation 2

(édite, due à l’obligeance de M. Vallon, médecin en chef à l’asile de Villejuif)

Cr... Jules, âgé de 30 ans, menuisier. entre à l'asile de Ville- juif le 16 avril 1898 avec le certificat signé par M. Magnan, de aralysie générale confirmée, avec idées de satisfaction, cons- cience très incomplète des actes.

E. Le malade a été arrêté la veille pour avoir volé des pains . d'épices à la place du Trône. Conduit d’abord à Mazas, on l’a

reconnu atteint d’aliénation mentale.

A l’infirmerie de la Préfecture il est dans un état d’excitation

3 mel qu’on doit lui mettre une camisole de force : il est en outre at- teint de gâtisme.

‘20 Les renseignements sur son passé morbide héréditaire et

personnel font défaut. Ce qui frappe dès qu’il cause est une lenteur etun embarras de la parole, comme on en observe dans la Para- lysie générale. Il présente de plus une faiblesse générale, une difficulté de la marche assez marquée, du tremblement de la lan- gue, des troublés oculo-pupillaires ; au point de vue psychique, au ou Re des Roue mens, de LB; con-

| D ne.

; Liautaud 3

Il nie les vols de pains d'épices, prétend n’avoir rien pris. 1h raconte qu’il fabrique des baldaquins par un procédé nouveau et qu’il gagne de 25 à 30 francs par jour. Il a une chambre pion meu- | blée et possède 15,000 francs d'économie.

Il ne se rend pas compte de l'endroit où il se trouve, nous remet une lettre écrite d’une écriture tremblée et destinée à sa sœur où il lui annonce qu’il l'aime et qu’il arrivera le lendemain chez elle. Il n’a pas gardé de souvenir de son passage à Mazas. |

Comme conclusion de son rapport médico-légal, M. vallou | conclut : |

Cr... Jules est atteint d’aliénation mentale (paralysie générale). Dans cet état il ne saurait être considéré comme responsable de ses actes et, en particulier, du vol qu'il a commis. Il est nécessaire de l’interner dans un asile d’aliénés. |

Observation 3

Actes délictueux, faillite, philantropie. — (Thèse de Régis : DÉRRIE fonctionnelle. Résumé.)

M. R..., négociant, intelligent, mais nonchalant et sensuel à l'excès, devient tout d’un coup d'une activité extraordinaire. Il. s'engage dans des spéculations qui se terminent par une faillite.

Sorti de prison, il se remet aux affaires et commet alors des actes d’une indélicatesse extrême, Il achète des objets qu'il ne. peut payer, écrit un ouvrage sur la philanthropie. Ses facultés affectives sont développées à l'excès.

Il est interné et meurt le mois suivant au milieu d’un délire | général avec idées ambitieuses et incohérentes.

A ess

Observation 4

ni

(Du même Buteur. Résumé). Exaltation de la fonction locomotrice. Etat stationnaire consécutif

; Célibataire âgé de 40 ans, très travailleur. Il abandonne sa - situation brusquement et se sent pris d'un irrésistible besoin de voyager. Il fait de 8 à 10 lieues par jour. Puis survient de l'exci-”, tation intellectuelle, de la loquacité. Le malade se dit très robuste, vante sa constitution et la force de ses muscles.

4 __ Jlentre à l'asile et là, sans chercher à se reconnaître, il se ; remet à marcher d’un air satisfait et dégagé. En même temps, on : observe de la lenteur et de l'embarras de la parole, de l'inégalité 2 | pupillaire, des mouvements vermiculaires des lèvres, de l’affaiblissement de toutes les facultés. ;

Interrogé sur la raison de ses pr omenades répétées, il répond . qu’elles lui sont absolument nécessaires. Il est très fier du reste de son talent de marcheur. Quand il se met en mouvement, SON corps tout entier prend part à l’acte de la progression, tous ses

. muscles s’agitent. Lorsqu'il S arrête, il piétine sur place et exécute

| avec ses bras une série de gestes de toute nature. sile, l’exaltation locomotrice

ême des idées d’hypo-

Trois mois après son entrée à l’a

| disparait pour faire place à la tristesse et m

chondrie. Puis survient une période de calme absolu et son affec-

tion semble présenter une rémission bien marquée.

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