‹ Du délire des sensationsChapitre 57 sur 70 · PROPORTION DANS LA FOLIE · texte numérisé non relu

PROPORTION DANS LA FOLIE

l'imaginalion livrée à des combinaisons d'une richesse, d'une élévation et d'une profondeur inouies; en un mot, où l'activité de l'âme se trouve au-dessus de son type normal.

On comprend facilement aussi pourquoi dans la stupidité il y a plus d'hallucinations, selon MM. Aubanelet Thore, que dans la démence j car, si ces deux formes de la folie sont caractérisées par un affaiblissement des facultés de l'esprit, par une sorte d'hyposthénie de l'âme, dans la première, le trouble n'est point radical, il consiste en une oppression pour ainsi dire plutôt qu'en une soustraction; tandis que dans la seconde, le désordre est profond et incurable, c'est non pas l'enchaînement passager de l'activité psychologique, mais sa décadence et sa destruction.

Quant à l'idiotie et à l'imbécillité, il ne peut pas y avoir là d'hallucinations, puisque les facultés intellectuelles, d'où dérive l'essence de ce phénomène, n'existent pas, ou fonctionnent dans des limites excessivement restreintes.

On comprend facilement encore pourquoi les perceptions fausses ou subjectives sont plus fréquentes dans le délire partiel, dans la monomanie, que dans le délire général, la manie. En effet, ici, l'attention se trouvant concentrée sur une seule idée fausse ou sur un petit nombre de points de vue erronés, l'âme acquiert une force considérable. Là, au contraire, les idées s'enchaînant sans ordre ou avec une extrême rapidité ; l'attention ne faisant que glisser en quelque sorte à la surface d'une pensée, il s'ensuit que l'âme perd en énergie et en profondeur tout ce qu'elle gagne en étendue et en mobilité.

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