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le récit ne porte pas l'empreinte d'un certain accent de conviction et d'un certain ton de candeur bien difficiles à simuler, toutes celles qui ne sont point écrites de la main des personnes qui les ont éprouvées, ou du moins qui sont rapportées par des auteurs étrangers à ces personnes et aux époques où elles sont survenues; enfin, et surtout, les visions qui n'ont point d'analogie dans l'observation médicale actuelle.
Au reste, afin de ne laisser aucune prise à la critique des faits que nous avons empruntés aux cbroniqueurs et aux biographes, nous n'avons cité que les cas qui, se trouvant dans les conditions précédentes, offrent de plus assez de clarté, présentent assez de détails et de précision pour permettre à l'esprit de se rendre pleinement à leur évidence.
Au point de vue de la bibliographie médicale et philosophique, nous avons consulté tous les ouvrages anciens et modernes^ étrangers et nationaux, où nous avons pu rencontrer des opinions et des faits susceptibles de s'ajouter aux nôtres. Malheureusement, les livres consacrés à l'étude des maladies de l'esprit laissent encore à désirer sous plus d'un rapport. Bien que remplis d'observations précieuses, leur richesse est de date toute récente. Elle n'a pu par cela même s'étendre d'une manière uniforme, se répartir également sur chaque point de cette branche scientifique, et conséquemment envoyer la sève et la fécondité à chacun de ses rameaux.
Les faits qui nous sont propres ont servi de bases principales à nos inductions. Ils sont dus à des études sérieuses et suivies sur la physiologie et la pathologie du système nerveux; et, pour tout ce qui concerne la
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folie, ils ont été recueillis avec soin et observés avec rigueur et fidélité dans plusieurs établissements, tant publics que particuliers, où l'on reçoit et où l'on traite les aliénés.
Quant à nos opinions et à l'influence qu'elles doivent avoir sur l'état actuel ou futur de la science, c'est au juge souverain à en décider, c'est a l'expérience des hommes compétents à en apprécier la valeur. Le temps renversera sans peine ces opinions, si elles sont opposées ou peu conformes à la vérité ; dans le cas contraire, son impartialité tiendra toujours un compte suffisant du progrès si faible, si imperceptible qu'il soit. Du reste, à défaut de meilleurs titres à son estime, le public nous saura quelque gré, sans doute, d'avoir entrepris un travail difficile , qui n'avait point de précédents en psychiatrie, ou du moins , qui n'avait jamais été accompli par personne sur un plan aussi large, avec autant d'ordre et d'ensemble que nous nous sommes efforcé de le faire.
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