‹ Du Délire FébrileChapitre 15 sur 23 · VARIOLE · texte numérisé non relu

VARIOLE

Dans la variole, le délire peut apparaître à toutes les périodes, depuis le stade initial jusqu'aux périodes de suppuration et de desquamatio ; mais cependant, ainsi que le prouvent les observations de M. Vinay, il se montre de préférence dans les quelques jours d’apyrexie qui séparent la période d’éruption de la période de suppuration, et c’est même sur cette particularité que nous nous sommes appuyé pour démontrer que le délire n’était pas produit par la fièvre. Si l'on considère la forme de ce délire, on voit que c’est tantôt un délire avec agitation, excitation psychique, confusion et précipitation dans les idées, tantôt un délire hallucinatoire calme de l’ouïe, de la vue, avec aussi quelques crises aiguës amenées par la nature désagréable des hallucinations. La première forme se rencontre d’habitude aux périodes initiales et de suppuration, la seconde dans les phases d’éruption et de desquamation. Cependant cette distinction n’est pas absolue.

On a vu un assez grand nombre de cas de suicide pendant les accès de délire, et Zippe‘ (de Vienne) a donné l’observation médico-légale d’un meurtre commis pendant le délire fébrile de la variole.

Besnier (Bulletin Soc. méd. Hop., p. 249, 1870) constate que les varioleux sont assez souvent en proie à la monomanie du suicide et mettent leurs projets à exécution en se jetant par les fenêtres. Toutefois, il ajoute que cette idée de suicide est assez obscure dans l'esprit des malades

1 Zippe, Allg. Zeitschrift fur Psych., 1876.

ere et que, le plus souvent, ceux-ci veulent se borner à fuir des hallucinations terrifiantes.

Delasiaux (Ann. Méd. Psych., p. 103. 1872) rejette l'expression de monomanie, appliquée par Besnier à de pareils malades, car, dit-il, il ne s’agit nullement là de délire systématisé, et tel, qui s’est jeté par la fenêtre, croyait fuir des fantômes menaçants.

La folie de la convalescence ressemble beaucoup à celle des dernières périodes de la fièvre typhoïde, dans les deux cas, on observe un affaiblissement intellectuel de la niaiserie.

Le pronostic, au point de vue mental, n’est généralement pas grave et le délire disparaît le plus souvent. Cependant, on cite quelques cas de folie, consécutifs à la variole, ayant nécessité ultérieurement l'envoi des malades dans les asiles d’aliénés.

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