‹ Du délire post-éclamptiqueChapitre 15 sur 24 · CHAPITRE VII Traitement · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII Traitement

Nous ne nous arrêterons pas sur le traitement préventif de la psychose. La diète lactée dont l’action est indéniable pour éviter l’éclampsie agit de la même façon pour écarter là psychose en produisant, ou tout au moins en favorisant, l'élimination de ce qui constitue l’auto-intoxication.

À quels traitements aurons-nous recours dans le délire post-éclamptique.

L'état physique comme l’état psychique nécessitent des SOINS SPÉCIAUX.

Aussi nous adressant d’abord à lPétat physique de la malade, nous rejetons les saignées, les sangsues, les sétons, les exutoires. Ces moyens de provoquer une sécrétion dérivaüve, outre qu'ils affaiblissent la malade, semblent avoir dans le délire éclamptique la même influence que dans le délire épileptique qu’ils aggravent plutôt.

Nous alimenterons fortement la malade veillant au fonctionnement du tube digestif et n’oubliant pas que nous traitons une psychose d'intoxication, nous n’hésiterons pas à user des antiseptiques intestinaux, le benzo-naphtol, le naphtol par exemple.

Contre l'agitation, outre le repos au lit, les bains prolon- . s. 6

gés offrent une ressource précieuse. Si ceux-ci étaient cause d’affaiblissement, on aura recours au besoin à un peu de sulfonal, de trional, de valérianate d’ammoniaque; lPopium sera employé avec prudence. On ne devra jamais, et c’est une remarque très juste dûué à M: Séglas, donner les bromures alcalins qui augmentent la dépression intellectuelle et qui ont une mauvaise influence sur l’appareil de la digestion.

Mais ce traitement physique ne suffit pas il faut encore avoir recours au traitement moral. Nous empruntons les règles de ce traitement à Sauze.

Impossible à appliquer dans la période d’acuité du délire, il n’en est plus de même lorsque l'intelligence recommence à fonctionner : Il faut alors activer sans relâche les fonctions cérébrales, il faut fixer l'attention de la malade, lui parler, interroger, lui faire comprendre son état. Peu à peu on voit la malade sortir comme d’un sommeil prolongé. Alors on exerce sa mémoire, on lui fait faire un véritable . exercice intellectuel, agissant comme avec l’enfant dont l'intelligence se développe petit à petit.

On doit chercher aussi à faire travailler un peu la femme. Cet exercice salutaire acheve le rétablissement de la santé physique, maintenant le sommeil et appétit ; 1l donne en outre à l’esprit une préoccupation du meilleur effet.

Suivant cette méthode on verra chaque jour Pintelligence faire un progrès nouveau. L’attention de la malade se fixe, les autres facultés de entendement ne tardent pas à suivre la même voie de progrès : la mémoire recouvre sa puissance, l’apathie, l’inertie disparaissent en même temps que la conscience du moi revient.

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Tout ce traitement moral doit être appliqué avec patience et prudence, sans brusquerie, sans fatigue pour le malade.

La plupart des cas de délire post-éclamptique se rencontrent ordinairement en clientèle de ville, aussi si on était sollicité par la famille pour fair placer la malade dans une maison de santé, ou à l'asile, à part le cas d’agitation extrême rendant la surveillance de la malade fort difficile, il faut la garder chez elle, au milieu de ses habitudes, où, lorsque le mieux reviendra, la femme familiarisée avec les personnes et les choses, ne sera pas désorientée, perdue, susceptible par cette désorientation même, d’une rechute.

Le traitement moral du reste consistant surtout à faire revenir les anciennes images mentales, la présence des parents et leur coopération dans le travail de reconstitution de la synthèse mentale, seront des adjuvants très efficaces. |

Enfin si on considère la brièveté extrême du délire ou tout au moins de l'agitation, il faut autant que possible éviter pour la femme, pour son enfant, pour sa famille, cet internement qui plane toujours comme une tare.

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