‹ Du délire post-éclamptiqueChapitre 14 sur 24 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

Pronostic.

Le pronostic de la confusion mentale post-éclamptique, à part les cas rares où elle se termine par la démence, est plutôt favorable. Nous n’avons pu trouver de faits signalant sa réapparition à la suite de nouveaux accouchements. Quelques observations allemandes sembleraient toutefois affirmer que, en dehors même de l’état puerpéral, nous ne voulons pas dire ici état infectieux, le délire hallucinatoire peut se montrer de nouveau. N’était-ce pas 1à simplement un délire épileptique ou hystérique provoqué au moment de l'accouchement et qui, pour une cause quelconque, évoluerait de nouveau?

La durée du délire est relativement brève : les guérisons survenues quatre, cinq et même seulement quelques heures après l’éclosion du rêve post-éclamptique ne sont pas exceptionnelles.

La durée du délire hallucinatoire varie ordinairement de trois à quatre semaines en moyenne pendant lesquelles les hallucinations et l’agitation décroissent simultanément après avoir atteint une acmé de quelques jours seulement. .

Les hallucinations de la vue disparaissent les dernières.

Dans la guérison brusque, il est à remarquer que cette

ip

guérison survient la plupart du temps après une période de sommeil profond pendant laquelle la malade semble dans un état demi-comateux.

Quand, au contraire, la psychose doit aboutir à la chro- “nicité, on observe peu à peu le passage du délire hallucimatoire, en démence, en stupeur.

Les malades paraissent se calmer au bout d’une période prolongée, mais il survient de temps à autre de peuts accès d’excitation laissant chaque fois les malades plus atones, plus indifférentes. Les unes se lamentent, pleurent sans cesse, les autres gardent un mutisme absolu, elles deviennent parfois de vraies automates qu’on doit nourrir à la sonde. Elles aboutissent au gâtisme et meurent dans le marasme. Cette forme chronique est excessivement rare.

Le pronostic est donc relativement bénin, le peu de durée du délire, sa guérison complète sans apparence de nouvelles rechutes font de laconfusion mentale post-éclamptique un genre de psychose autrement favorable que la manie et surtout que la mélancolie.

Wille cite un casparticulier où la guérison que l’on pense avoir obtenue, n’est pas une guérison. Après une période fort longue de confusion chronique, la malade semblerait guérir, mais l'intégrité de lintelligence est loin d’être parfaite.

Les femmes,sans être démentes,sont de simples enfants.

La mort peut aussi arriver soit dans le cours de la maladie, soit à la fin ; elle est causée la plupart du temps par une maladie intercurrente. Mais ces cas sont si rares qu’ils n'influent pour ainsi dire pas sur le pronostic habituellement heureux du délire post-éclamptique. |

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