SAINT-BLAISE
Femme amenée à la clinique Baudelocque ayant eu, dit-on, des accès éclamptiques. Légère quantité d'albumine dans les urines. Forceps. Délivrance artificielle.
Entre à la clinique le 17 février 1896.
Antécédents nerveux — [pare Sans profession. Amenée par les Ambulances urbaines. D'après les renseignements recueillis, elle aurait eu le 17 février, vers 10 heures duü matin, un premier accès renouvelé 7 fois. Un médecin et une sage-femme firent le diagnostic d'attaques d'éclampsie et demandent le transport à la clinique Baudelocque, à 4 heures et demie du soir.
Il yairois ans, cette femme aurait eu, à l'état de vacuité, des accès nerveux avec perte de connaissance durant deux à trois heures. Dans son entourage, depuis cinq mois, l’on remarque que son intelligence s’affaiblit et un tic nerveux de la face.
Depuis son entrée, aucun accès, sinon une grande agitation. Albumine, 1 gramme. Maintenue sous le chloroforme, on lui administre un lavement purgatif. Son visage se contracte, le muscle orbiculaire des paupières forme un rictus presque constant. On cesse le chloroforme. La malade essaie de se lever et pousse de grands cris, ses yeux sont hagards, elle ne reconnaît personne.
Le 18. La malade semble être calme mais les contractions de la face continuent. Elle répond assez bien aux questions qu'on lui pose, elle ne s’agite plus. Elle boit du lait avec du chloral.
Le 20. État de prostration très grande, ne reconnaît personne.
M. le professeur Pinard n'accepte le diagnostic d'éclampsie qu'avec les plus grandes réserves en raison des deux poussées antérieures, de l'absence d’albumine dans les urines le lendemain de son entrée, de l'absence de morsure de la langue et d'æœdème.
Accouchement par le forceps d'un enfant mort. Délivrance artificielle. Injection intra-utérine Temp. 37°,5. Pulsations, 112. Le 21. Traces d’albumine. Urines, 1 litre et demi.
Le 22. — Urines, 500 grammes.
Le 23. Injection intra-utérine.
Le 24. —
Le 25. —
Le 26. Albumine, 25 centigrammes. Urines, 2 litres. Renseignements du mari. — En octobre 1895, cette femme
disparaît de son ménage pendant trois semaines ; le mari dit ne jamais avoir su ce qu'elle était devenue alors, lui-même travaillant à la campagne. Elle-même ne se souvient de rien. Quelques jours après, elle aurait donné trois coups de couteau à un de ses enfants âgé de 3 ans et demi. Un autre plus jeune serait mort à la suite de mauvais traitements.
Depuis son accouchement, cette femme est inconsciente, à chaque instant, elle a des accès de mélancolie.
Malgré les observations qui lui sont faites, le mari enlève sa femme de la Clinique.