LA FOLIE
2; De loc. affect., lib. lïl, cap. 5 et 6 ; lib..lV, cap. 2; lib. V^ cap. 4), Celse {De re med., lib. 111, cap. 5 et 6), Cael. Aurelianus {Acutor. morb., lib. 1, cap. 1 à 17; Chronic. morh., lib. 1, cap. 5 et 6)^, Alexandre de Tralles {De art. med., lib. 1^ cap. 13 et 17) ; et l'on se convaincra que la connaissance de la folie était bien loin d'être alors assez complète, pour qu'on pût se figurer rien de pareil à l'explication que la psychologie pathologique moderne peut donner du Démon de Socrate. Mais l'on s'en convaincra bien davantage encore, en lisant le long passage suivant du Phèdre, où se trouve exposée une sorte de théorie mystique du délire inspiré par les Dieux'; et l'on se demandera alors, si son auteur, quel qu'il soit, ou Socrate, ou Platon, loin d'être juge compétent en pareille matière, n'était pas lui-même, quand il l'écrivait, dans un état d'excitation et d'enthousiasme, voisin des extrêmes limites de la raison.
« Non, ce discours n'est point vrai ; non, l'ami froid « ne doit pas obtenir la préférence sur l'amant, par c( cela seul que l'un est dans son bon sens, et l'autre « en délire. Rien de mieux, s'il était démontré que c( le délire fût un mal ; au contraire, les plus grands « biens nous arrivent par un délire inspiré des dieux, « Cest dam le délire que la prophétesse de Delphes et « les prêtresses de Dodone ont rendu aux citoyens et « aux Etats de la Grèce mille importants se?'vices ; de « sang-froid, elles ont fait fort peu de bien, ou même