LE DÉMON DE SOCHATB. 1 SI
fois à même de donner à ses amis et à ses disciples des conseils qu'ils se trouvèrent toujours bien de suivre, et toujours mal de n'avoir pas suivis.
Ces pressentiments, ces inspirations, cette voix céleste, cette assistance de la Divinité ou d'un génie familier, l'antiquité ne les mettait pas en doute, et elle ne le pouvait pas, ainsi qu'on en jugera tout à l'heure; seulement elle variait sur les explications à en donner. Il n'y a que les modernes qui, comme je l'ai déjà dit, ne pouvant pas expliquer, ont, pour la plupart, pris le parti de nier, ou de traiter Socrate d'imposteur, et de le mettre sur la môme ligne que quelques législateurs anciens, qui, tels qiie Zaleucus, Charondas, Lycurgue, Numa, avaient cru, dit-on, nécessaire, d'appuyer le succès de leurs institutions sur l'assistance mensongère d'une divinité.
Je reviendrai plus tard sur les explications ; c'est îe fait d'abord qu'il s'agit de constater, d'établir sur toutes ses preuves, de suivre dans tous ses curieux détails, de creuser dans toute sa profondeur psychologique ; et l'on s'étonnera peut-être de la richesse de la mine, et de ce qu'elle n'a pas encore été exploitée jusqu'à présent. - -, ■ • ■ : . ■ .
Tout en exaltant, comme elles le méritent, la pureté, la sublimité de la vie de Socrate, la suite admirable de toutes les pensées, de toutes les actions qui l'ont remplie, tous les anteurs ont remarqué (1), et je prie le
(1) Putois, Banquet, p. 270.