‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 63 sur 92 · MI · texte numérisé non relu

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A n'envisager le délire maniaque que dans ce qu'il a de purement intellectuel, et abstraction faite de la lésion des facultés affectives, dont il n'est originairement que l'expression, ce délire pourrait être ramené à deux formes principales ou genres, dont le premier, fondé sur l'iatociaiion vicieuse des, idées, . rentrerait d'une manière assez exacte dans la théorie psychologique de Hume et de Hartley, tandis que le second, établi sur la transformation des idées en sensations, pourrait fournir à l'hypothèse de Berkeley un argument bien singulier et bien puissant.

Dans le premier genre, en effet, ou bien les idées ne s'associent que sur un seul sujet, comme dans le délire des passions, dans le délire exclusif, dans la mélancolie, la monomanie ; ou bien elles s'associent avec une trop grande rapidité, et en formant des séries vicieuses qui ne sont point dans l'ordre habituel de leur association, comme cela a lieu dans le premier degré du délire de l'ivresse, dans le délire aigu, dans la ma-

370 OBSERVATIONS nie, soit aiguë, soit chronique ; ou bien, enfin, elles s'associent avec trop de lenteur, ou même finissent par ne plus s'associer du tout, comme dans la démence, surtout la démence stupide, qui a cela de commun avec l'idiotisme.

Dans le ucond genre, les idées, au lieu de se vicier dans leursrapporls, s'altèrent dans leur nature; elles en changent; elles prennent un tel caractère de vivacité, qu'elles deviennent de véritables sensations. Quand cela a lieu à l'occasion de l'action des objets extérieurs sur les surfaces sensitives, ou, ce qui est très-rare, par l'effet d'une maladie de ces mêmes surfaces, ce sont les illusions ; lorsque, au contraire, cela arrive sans que rien agisse sur les organes des sens, et sans qu'ils soient aucunement altérés, ce sont les hallucinations.

De.cesôeux espèces de transformation du sentiment ou de là pensée en sensation, il n'y a que les illusions qu'on puisse, à la rigueur, regarder comme de fausses sensations, ou plutôt comme de faux jugements portés à l'occasion de l'action .provoquée ou spontanée des sens. Mais elles ne sont, pas plus que les hallucinations, le résultat nécessaire de la lésion de la sensibilité, considérée dans ses organes externes. Le sentiment ou la perception* à l'état pathologique comme à l'état noi* mal, n'a point pour condition dernière ces organes, qui ne font que recevoir l'impression. C'est toujours,' pour ainsi parler, le cerveau qui sent j c'est lui qui voit, qui entend, chez les hallucinés aveugles ou sourds; qui

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