SUD LA POLIE SESSORIALH. 2Ï
de lu marine à Venise. Ce M. lï. parait avoir toujours témoigné beaucoup de bienveillance à P., et ce dernier voit, dans les témoignages de ce sentiment, la a preuve » d'un s dessein coupable » ou « malveillant » de M. B. sur lui : le désir de lui Taire épouser une de ses concubines.
P. part pour Venise avec son bienfaiteur et la maîtresse de ce dernier. Il s'imagine que cette femme lui fait la cour, et que M. B. est de connivence avec elle, d'après le dessein qu'il lui suppose. A Venise, ses soupçons augmentent avec sa susceptibilité. Il quitte enfin M. B., à la table duquel il mangeait, se lie avec une Vénitienne, finit par croire que « cette dernière est aussi d'intelligence avec M. B. ; qu'elle le fait dor^ mir au moyen de narcotiques, pour lui faire, dans son sommeil, paraître les réalités comme des rêves; » il s'emporte, se livre presque à des actes de violence à son égard, voit dans les prétendus desseins de cette femme, dans ceux de M. B. et de quelques autres personnes sur lui, comme « des entreprises franc-maçonniques ; » s'imagine que les employés sous ses ordres lui manquent de respect, etc.
Enfin il quitte l'administration maritime de Venise, et vient à Milan, emmenant sa maîtresse et emportant des lettres de recommandation de M. B., dans l'intention de demander au vice-roi Eugène un brevet de capitaine de.cavalerie. La, son irascibilité, « ses soupçons contre toutes les personnes qui l'entourent ,
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contre celles mêmes qu'il ne connaît pus, , 1, font croire de plus en plus à nne « ligue formée contre lui, à des machinations franc-maçonniques. . Il cherché plusieurs fois à pénétrer de force jusqu'au vice-roi, malgré les représentations de M. do M., etc. ; puis veut quitter Milan, puis se détermine à y rester' pour suivre sa demande; enfin est conduit à l'hôpital Saint- Ambroise, moitié de gré, moitié de force, « pour y rétablir sa santé, o
Après en être sorti, P. retourna à Venise et y reprit son emploi dans l'administration maritime. Sa susceptibilité toujours croissante lui valut de nouveaux ennuis, qui le portèrent il quitter l'Italie. Il revint en France, dans le Midi, échoua dans ses tentatives pour avoir quelque place, et enfin se mit à faire, pour vivre, de mauvais portraits qu'il croyait et qu'il croit encore excellents., et ce travail est depuis lors devenu son seul gagne-pain.
A la rentrée des Bourbons, P., alors à Marseille, présenta a Monsieur, comte d'Artois, un mémoire où il exposait l'histoire de sa vie et des injustices commises à son égard, telle qu'il me l'a racontée à moi-même. Il croitencoreque le maire de Marseille, à cette époque, en demandant au prince comment il trouvait les fêtes qu'on lui offrait, avait intention de répondre à quelques mots lâchés par lui, P., dans le public, sur leur mesquinerie. Il voit presque un dessein' formé pour l'empêcher de parler il Monsieur, dans les cris de a vive