‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 75 sur 92 · SUR LA FOLIE SFNSOBIAI.E · texte numérisé non relu

SUR LA FOLIE SFNSOBIAI.E

les perceptions de sons nettement articulés, il a entend » continuellement un « bruit de cloches, d qui viendrait de l'église voisine. Il l'entend même le vendredi saint. Ma remarque que les cloches ne sonnent jamais ce jour-là, ne l'ébranlé pas. Je n'ai jamais vu d'hallucinations de l'ouïe aussi fortes, aussi isolées de tout délire, de toute incohérence dans les idées, aussi indépendantes de tout état morbide général.

Dans les premiers jours du mois d'octobre 4829, L. commence à ressentir les premières atteintes du scorbut. Il attribue le malaise qu'il éprouve à ses ennemis, & a ces messieurs, » et se refuse à prendre tout médicament. Les hallucinations continuent, bien qu'il n'en parle plus avec autant de force. Il devient très-faible et ne quitte plus le lit. La teinte de la peau est d'un jaune terreux ; elle offre aux extrémités inférieures de nombreux points scorbutiques; les gencives sont fongueuses et saignantes ; l'haleine est fétide.

Dans les derniers jours de novembre, L. consent à prendre quelques médicaments antiscorbutiques, et pendant deux ou trois jours il ne parle plus de ses fausses perceptions; mais bientôt elles le reprennent, et il recommence à attribuer sa . maladie à ses persécuteurs. Le matin même du jour de sa mort, qui a lieu en pleine connaissance, il attribue la difficulté qu'il éprouve à respirer, à la compression que ses ennemis exercent sur lut.

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