SUR LA FOLIE SKKOBIALK
qui «ordonnent» d'apprêter les sirmes pour le fusiller. Sa feraine, qui est venue ce malin demander de ses nouvelles, mais qui ne l'a pas vu, lui a apporté quelques effets. «Ces effets,» il me les montre, et me dit qu'ils «ont été trouvés sur celte malheureuse après sa mort. » J'ai beau lui affirmer qu'elle vit, il n'en croit rien, et attend sa propre fin avec résignation.
Le pouls est naturel , la langue blanche , aucun viscère ne me semble souffrir.
6 heures du soir. Tous les raisonnements que je puis imaginer pour persuader au malade que sa femme n'est pas morte sont inutiles. Dieu lui-même, me ditil, descendrait du ciel pour le lui certifier, qu'il ne le croirait pas.
Le 30, même croyance. L. s'imagine que a les voix l'accusent d'avoir abusé de ses filles, » et il veut faire constater leur virginité pour repousser cette inculpation. Du reste, il ne délire absolument que sur ses fausses perceptions de l'ouïe, ou plutôt, sauf ces perceptions, il ne délire pas. Qu'on en admette la réalité, il dit et fait ce que tout homme dirait et ferait à sa place. Il se refuse à prendre tout médicament.
Le 4, à 5 heures du matin, il me dit que si on lui montrait sa femme vivante, il crierait au miracle; à 9 heures je la lui fais voir au parloir; il s'arrête quelque temps interdit, dit que c'est bien elle , qu'il la reconnaît, et il l'embrasse avec effusion. La vue de sa femme a ébranlé sa conviction. II reconnaît qu'elle n'a
pus été morte, mais il prétend qu'on a a joué une répétition <Je sa mort, et (pie c'est celte répétition qu'il a entendue, h J'insiste, et je lui affirme que tout ce qu'il a entendu n'existait que flans ses oreilles; cela lui parait difficile à croire, mais enfin il avoue qu'il serait à désirer pour lui qu'il en Tilt ainsi. '
Le H, à 7 heures du matin. Les perceptions relatives à l'ouïe ont été et sont encore plus fortes que jamais. L. est dans la a même croyance relativement à la répétition de la mort de sa femme. » 11 croit que ses persécuteurs, désunis dans leurs intentions à sou égard, se sont battus en duel, et qu'un d'eux a été tué; « il a entendu» le bruit du duel. Profond découragement, refus de toute médication.
Du mois d'octobre 18-28 au mois d'octobre 1K29, l'état de manie sensoriale reste absolument le même. Les hallucinations sont purement relatives au sens de l'ouïe, et si l'on admettait que ces sensations sont fondées, L. sentit parfaitement raisonnable. Je n'ai jamais aperçu eu lui la moindre trace de délire général. Ses fausses perceptions le font toujours croire à des persécutions dirigées contre lui; rien absolument ne peut le faire douter de leur réalité : il est à cet égard d'un entêtement extrême. Si on le contrarie làdessus, ou que dans !a nuit ses fausses perceptions aient été trés-vïolentes, il entre très-facilement en colère. « On fait de lui des risées; on l'empêche de dormir ; on le tourmente; on le presse, etc. n Outre