‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 82 sur 92 · DE LA FOLIE ET DE LA RAKOH · texte numérisé non relu

DE LA FOLIE ET DE LA RAKOH

Je ne fais qu'indiquer ees rapprochements, dont le développement va trouver sa place dans l'examen de la manie aiguë.

. III. Cet état, du point de vue- des recherches d'analogie auxquelles je me livre, affecte deux formes générales qull importe de bien distinguer, parce qu'on en retrouve- le type dans les deux ordres généraux de. r passions. Ou bien ie délire offre un caractère de bonheur, de gaieté, de bienveillance, ou bien il porte l'empreinte de la peine, de la menace et de la violence.

Dans la première de ces deux formes, qui est de beaucoup la plus rare, il existe chez le maniaque un sentiment de bien-être et de forcé à la fois physique et intellectuelle, un état de bonheur qui perce dans toutes ses paroles et dans tous ses actes, et qu'il voudrait faire partager à tout ce qui l'environne. Or, c'est là littéralement, et au degré près, ce qui a lieu dans les passions gaies et heureuses, et dont la plus haute expression est la joie et son délire. Non-seulement on y jouit du bonheur présent, mais tous les rêves d'avenir paraissent devoir se réaliser incessamment, et ce bonheur, ces espérances, on voudrait y voir participer tout le monde. La vue du malheur afflige ou importune; quelquefois même on no le conçoit plus. ïl se joint à ces sentiments ce désordre d'idées que fait toujours naître une passion trop vive ou' exclusive. Les gestes, les actes aussi sont désordonnés, sans but apparent, comme

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ceux des fons. Il y aj fin un mot, chez l'homme plongé dans le délire de la joie, une exubérance tout à In ibis de bonheur et de vie qui a besoin de se .traduire par des mouvements dont le seul objet semblerait être la déperdition d'une nia ro s itv également exubérante. Onsait, d'ailleurs qu'une joie inattendue et portée a ce degré excessif peut donner lieu à un délire maniaque quelquefois irrémédiable, etqui en est comme la continuation, Sûrement qu'alors le bonheur devient delà peine, comme le plaisir purement physique, s'il est porté à un trop haut degré, on s'il est prolongé trop longtemps, ne tarde pas a prendre les caractères de la douleur.

La seconde forme de la manie, qui est aussi sa forme la plus fréquente, est celle où, comme je l'ai dit, le délire offre les traits de la souffrance et de la colère : c'est la manie furieuse, la manie aigué proprement dite. Or,' son analogie, j'allais presque dire sa similitude, avec certaines formes de la raison, avec les passions tristes ou violentes par excellence, la colère, la peur, le désespoir, cette analogie, dis-je, est frappante. Dans l'un et dans l'autre cas, parallèlement a l'état ou de passion ou de fureur maniaque, oxiste un état de malaise moral et de souffrance physique qui s'y ajoute, pour donner lieu non-seulement au désordre des idées et des actes, mais encore au caractère de violence et de nocuité de ces derniers. La colère, la peur, le désespoir, tels sont donc les trois principaux ternies de comparaison que la raison peut offrir a la recherche

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