‹ Du demon de Socrate specimen d'une application de la science psycologique a celle de l'histoireChapitre 90 sur 92 · DE LA FOLIE ET UB LA ,KA1S()>. IH.'I · texte numérisé non relu

DE LA FOLIE ET UB LA ,KA1S()>. IH.'I

toutes ces saillies extravagantes d'ambition, qui ne sonf autre chose que l'expression, désormais sérieuse, des rêves auxquels, dans l'état de raison, on s'abandonne sans y croire, et qu'-on désigne sons le nom de châteaux en Espagne. Enfin, dans le délire de l'ivresse, comme dans la paralysie générale, il n'est pas rare de voir dés convulsions interrompre, de temps en temps. l'abolition plus ou moins complète des mouvements, et achever ainsi l'analogie que ces deux états offrent entre eux.

VII. Je viens de rechercher les analogies que peuvent trouver dans l'état de raison les diverses formes de la folie. Ce n'était point Un parallèle complet que j'établissais entre ces deux modesde la pensée, et j'ai' dû m'occuper surtout des rapports de similitude, en appuyant moins sur les rapports de dissemblance. J'y ai pourtant assez insisté, et ils sont, du reste, assez évidents par eux-mêmes, pour que je puisse, en les résumant en regard des autres, -fixer, autant que cela est possible, les limites qui séparent la raison de la folie, et formuler, en terminant, les caractères essen-* tiels du dernier de ces deux états. ■ ■ " •

Les analogies, qu'offrent avec certains états dits de raison, la prédisposition à la folie, son incubation et ses diverses formes, se trouvent, ainsi que je l'ai fait voir, d'une part et primitivement, dans des passions originairement mauvaises, ou désordonnées, ou dans le troubleaccidentel de ces éléments de la volonté ; d'au-

3*4 HECHEHCIIE *>Bf ANALOGIES

Ire part, dans. un vice congénial on acquis de l'association-des idées, et dans la transformation de ces der- ■nièresen hallucinations, ou au moins en illusions.

Mais dans l'état de raisou qui offre le plus d'analogie avec la folie, dans la raison -passionnée, ou plus simplement dans la passion, le trouble moral est partiel, et a .lieu avec conscience de la part de individu qui en 9 e8t att ««rt. Dans la folie déclarée, au contraire, le trouble moral est plus ou moins général et complexe; et a lieu sans conscience de la part de l'individu chel. tapwH 1 »^. - -.. - -y. - 'M IjV *-

? Bans là passioiî; il y a toujours au trouble de là volonté un motif extérieur plus ou moins puissant.- Dans' la folie, ce trouble est complètement spontané, oii' sans motif extérieur actuel.'

. Bans la passion, on se fait illusion sur les intentions des actes seulement, mais non sur l'identité ou' sur l'exil ■ tence réelle des personnes et des choses. Dans la folie, les illuSionspeuvent bien aussi porter sur les intentions, mais-elles portent surtout sur l'identité ot silr l'existence réelle des objets extérieurs, c'est-à-dire qu'elles deviennent des illusions réelles et dès hallucinations.- Enfin, dansla passion, dans celle an moins^ont la violence n'est pas déjà-de la folie, l'association des idées est seulement trop rapide et trop exclusive, mais elle n'est point incohérente. Dansla folie, il y a, ancontraire, incohérence plus ou moins générale ' desidées, quand -toutefois le délire ne se borne pas à un

caractère tout aussi tranché , les hallucinations.

En dernière analyse, les caractères de l'état de raison qui a le plus d'analogie avec la. folie, c'est-à-dire de la passion, sont un trouble moral -partiel, existant avec conscience de la part de l'individu qui l'éprome ayant une cause extérieure actuelle, et se traduisant par une erreur sur les intentions seules/et par l'association trop rapide et la nature trop exclusive des idées.

Ceux de la folie sont un trouble moral plus ou moins général et complexe, existant sans conscience (I ) de la part de l'individu qui l'éprouve, ayant lieu spontanément ou sans cause extérieure actuelle, et se traduisant par une erreur non-seulement sur les intentions, mais encore et surtout sur l'identité et l'existence des personnes et des choses, et enfin par la désassoctatïon des idées; caractères qui. pourraient être résumés dans la formule suivante, qu'on appellera, si l'on veut, une définition: Trouble des passions et de la volonté, sans cmscienceet sans came extérieure, actuelle, accompagné d'un vice dans l'association des sentiments et des idées el de transformation de ces manifestations intellectuelles en sensations.

(1). Sans conscience, bien entendu en ianl <|ue (rouble. On parle quelquefois ù des sourds, les pires sourds,- ceux qui ne veulent pas entendre.

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