‹ Du Dépeçage CriminelChapitre 19 sur 66 · ART] D · texte numérisé non relu

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hypogastre. Les seins, à ce point de vue comme à tant d’autres, doivent être considérés comme des organes génitaux. L'éventration vient en seconde ligne : le | nécrosadique plonge la main dans les cavités splanchniques, étreint les viscères, les arrache, comme s'il pénétrait par là plus intimement dans l’objet de sa passion. La face qui généralementestun des excitants génésiques principaux est souvent dilacérée. Les membres ne sont point épargnés. Les amputations de Jack l'Éventreur en font foi. »

Ce que l’on constatera en outre sur le cadavre, seront non seulement les mutilations caractéristiques signalées, mais des dilacérations sans but, montrant bien cet instinct de destruction qui pousse le nécrosadique. Il détruit pour détruire. J'ai toujours aimé la destruction, a dit le sergent Bertrand.

Enfin, nous en arrivons à dire quelques mots de la nécrophagie. Du nécrosadisme à la nécrophagie, il n y a qu'un degré, et souvent il est vite franchi. « Le mutilateur, dit Épaulard, a recours dans les cas d'extrême fureur à ses armes tranchantes naturelles qui sont les dents. Lorsque le lambeau mordu est avalé, nous nous trouvons en présence de nécrophagle vraie. »

Ce n’est plus alors de l’aberration sexuelle, c'est le cannibalisme dans toute sa pureté, et nous rentrons alors, à notre avis, dans la catégorie des cas que nous avons signalés dans notre précédent chapitre sur le dépecage, la folie et les dégénérés.

Cependant étaient-ils bien des fous ou des pervertis sexuels ces hommes qui au xvi° siècle se croyaient

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transformés en loups-garous ? À en juger de l’observation suivante de lycanthropie, que nous devons à l'obligeance de M. le professeur Florence, nous estimons que les lycanthropes étaient de vulgaires précurseurs de notre Vacher : « Il s’agit d’un Lyonnais qui fut brülé vif, pour avoir dépecé et mangé, en loup-garou, plusieurs enfants. »

« L'arrêt est du 18 janvier 1574. Ce malheureux fut convaincu d’avoir, le jour de la Saint-Michel, paru sous la forme d’un loup-garou et d’avoir emporté une fille de douze ans près du bois de la Serre, dans une vigne du château qui n’est qu’à un quart de lieue de Dole, de l’avoir déchirée de ses mains qui paraissaient des pattes de loup et d’avoir arraché avec ses dents un bras et une cuisse, dont il porta encore une portion à sa femme... et un mois après, sous la même figure, il étrangla une jeune fille à dessein de la manger, mais il en fut empêché par trois personnes, ainsi que lui-même l’a confessé et, quinze jours après, il égorgea un petit enfant dont il dévora la plus grande partie... Le même, sans avoir changé de figure, fut vu étrangler un enfant près du village de..., pour le manger, Si Ceux qui accoururent à ce spectacle ne lui eussent fait prendre la fuite, ce qu'il confessa sans y être contraint par la violence des tourments, et sur sa confession, et sur les preuves manifestes de ses crimes, il fut condamné à être brûlé tout vif. » (Documents de Péricaud).

De nombreux faits de nécrophagie d’origine religieuse existent encore, du moins dans les pays non civilisés ; nous les avons examinés plus en détail dans notre chapitre sur Dépecage et Religion.

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