INTRODUCTION
Dans un article intitulé « Énigmes » et publié dans le Journal, il y a quelque temps, Paul Adam s’exprimait ainsi au sujet du récent crime de Malakoff.
« Il va le cadavre sans malle, et le cadavre avec malle, le cadavre vulgaire: le malheureux qui tue sa maîtresse, naturellement, par sport amoureux, et le cadavre de luxe, le cadavre littéraire qui voyage entre des cartons à chapeaux, suscite la prose artistique du reportage, rivalise en popularité avec le Tsar et même avec le gagnant de Paris-Brest.
« Le cadavre sous malle l'emporte évidemment sur le cadavre à l’air libre .... que la tueuse au lieu de prévenir officiellement le commissaire, ainsi qu'il sied,se mette en peine de ligoter et d’emballer, d’enfermer et de cadenasser, de véhiculer et d'abandonner ironiquement le petit homme sous un hangar de banlieue, notre admiration exulte. Tous les esprits travaillent. Dans les cafés, la manille elle-même chôme. L'ivrogne oublie d’assommer sa femme en rentrant le soir et la femme de changer d'amant. Une extrême excitation accroît, par un salutaire exercice,