CARPE DIEM
Guéris-toi d'espérer et de croire, bafoue Dogmes, dieux, et vis sans souci du lendemain, Essuyant humblement du revers de la main Le goût de l'éternel à ta lèvre de boue.
Qu'importe que tes vœux soient fiers, que ton chemin
Eventre l'horizon, l'Idéal à la proue !
Abject tu l'es essentiellement, avoue !
Cueille l'heure — jouis, comme un pourceau romain.
C'est la vieille sagesse infâme de la terre. Enfin convalescent du mal héréditaire, Ris au large banquet de l'appétit vainqueur.
L'Amour et le Devoir que le martyre enivre La raison les dénie aux appels de ton cœur. Jouis avec fureur et désespoir de vivre.