‹ Du désir aux destinéesChapitre 17 sur 91 · LA PLANETE · texte numérisé non relu

LA PLANETE

Mystiquement, autour du vieil astre son père, Avec ses dieux, ses mers, ses crimes, ses travaux, Ceinte de vieux soucis et de rêves nouveaux, Gomme un front sous des fleurs noué d'une vipère.

Elle flottait parmi l'espace millénaire.

En ces jours-là, fumante encore du Chaos, La Terre ne comptait ni tombes, ni berceaux, Ni peines, ni vouloirs, ni demain, ni naguère.

Le Temps fut... Au Pœan de ses jalouses sœurs,

L'étoile se mêlait avec tant de douceurs,

Que les premiers humains rêvèrent d'un génie

Tendre, compatissant en sa clarté bénie. Et les esprits pensifs et les humbles amours L'interrogeaient, la nuit, sur la mer et les tours.

Un jour, violateur des ténèbres lucides, Ployant les durs rayons à son riche larcin, L'œil de l'homme au filet prit le globe prochain . Seul apparut courant sur les plaines arides,

Le lit des océans, les chaînes, le bassin Des fleuves, monstrueux, un Rune, à ces flancs vides Sculpté par quelque adieu sublime d'Atlantides, Mais nul ne lut la Lettre, ou sonda le Dessein.

Peut-être pleurait là l'épitaphe d'un monde. Verbe unique, absolu, parole sans seconde, De frères inconnus tragique testament,

Le vol de leur durée à l'énigme éternelle. . . Hélas ! Mot-Prométhée au noir bloc inclément Chaque siècle qui fuit t'insulte de son aile.

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