SOIR DANS L'HIMALAYA
Les troupeaux à pas lents descendent la montagne Dont l'ombre au même rythme immuable et pensif Suit à l'autre versant l'or du jour fugitif. La grande patience éternelle vous gagne.
Paix soit à nos aïeux. Dans le beau soir naïf, Ces monts, jeunes alors, cette même campagne, Ces bêtes que la nuit aux pâtis accompagne Leur nommèrent les dieux du monde primitif.
Simples dieux qu'on aimait, rois des aubes védiques, Dispensateurs de pluie et de lait, riches seins De la terre, c'est vous qu'aux lointains fatidiques,
D'Hellas je vois renaître en lumineux essaims... Quel bourreau syrien, quel Baal aux mains cruelles Vous a volé la foi de nos cœurs infidèles ?