LE DERNIER DEUIL
De ton pays mourant, de ta race fléchie, Du seuil enténébré de leur proche néant, Lève-toi, jeune espoir, et ris en renouant La Cause jamais lasse à la Fin resurgie.
Que nul lâche sanglot n'étrangle ton Pœan ; Tes morts perpétués en ta mâle énergie Il sied de les pleurer tout bas, peine affranchie Par l'orgueilleuse foi d'un lendemain géant.
Quelque soir, au plus haut d'un col de la Montagne, Deuil immense qu'un ban de spectres accompagne, Nous ensevelirons la Patrie et les Dieux ;
Puis, graves, rallumant aux torches consumées, Pur de sang à jamais le flambleau des aïeux, Nous reprendront la nuit des routes innommées.