L'INITIÉE
Evohé ! Saboë ! Je me meurs. Menez-moi Par mes bras étendus vers la montagne. Oh ! presse A mon cou renversé ta lèvre — un Dieu m'oppresse, Un Dieu m'habite — orgueil, démence, flamme, effroi î
Chair traîtresse, des mots... ô lèvre, gonfle-toi D'ineffable : un sabot lascif foule ma tresse... Ah ! Satyre... non viens, ma bouche à ton ivresse Tend mieux la mienne ainsi. Dionysos, ô roi !
Voici le fauve été, la fleur de vigne éclose, Accueille, dieu doré de la grappe et la rose, Prince des tambourins obsédants, toi qui prends
Et donnes, tout ce corps, ardente et folle aumône, Et que ma chair épuise abattue à ton trône La Mort et le Plaisir en tes bras délirants I