‹ Du désir aux destinéesChapitre 35 sur 91 · BACCHANTE AU REPOS · texte numérisé non relu

BACCHANTE AU REPOS

L'épieu blanc couronné de la pomme de pin, Près du bord, fait trembler aux jeux de la Naïade Sa bandelette lasse — un quartier de grenade A terre gît — l'Aurore aux pentes du ravin

N'éclaire rien de plus ; le Cithéron divin Mêle un lointain tambour à l'agreste cascade ; Bacchus fuit — mais, dans l'air plus pâle, une Ménade Se découvre courbée au chaste flot Sylvain.

Et la vipère d'or, prunelles d'escarboucles, Lèche à la joue en feu sous les pendantes boucles Vin, sueur, diamants de rubis ocellés ;

L'enfant boit, se soulève, au frais porphyre pose

Une main et sourit de ses cils emperlés

A l'immense horizon que l'aube peint de rose.

LA SIRENE

Les seins à fleur de vague et les bras sous le cou, Près d'une île de ponce, à l'ombre des caps roses, La Sirène Molpo dit la chanson des Causes. Les chevaux du Soleil tourmentent leur licou.

Un vieux chant du Chaos — grave et clair tout à coup Dont Ghè berça Typhon sur ses grands seins moroses ; Elle dit les amours et les Métamorphoses, L'Argonaute parti dans le soir, et jusqu'oîi... ?

Du seuil oriental la pourpre à flots ruisselle,

Le rivage de sable où l'écume étincelle

Tend vers les bois de pins son arc d'ivoire et d'or ;

Midi vient de diamants chargeant la rame ; l'ombre Le suit — et la chanteuse, au golfe qui s'endort, A pic, les yeux ouverts, avec le soleil, sombre.

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