‹ Du désir aux destinéesChapitre 51 sur 91 · AU CRANE · texte numérisé non relu

AU CRANE

. . . M™» de Montbazon était allée à l'infidélité éternelle.

Chateaubriand.

Masque levé, c'est vous, belle, enfin que je vois, La vie est une nuit de bal où l'amour quête L'énigme de beauté. Pour si noble conquête J'ai jugé les palais du siècle trop étroits.

Temple de Dieu vivant, elle vient, elle est prête. Ma lèvre morne au faux visage d'autrefois S'épuisa-t-elle assez ! Ah ! que vous étiez froids, Baisers d'alors tendus vers l'essence secrète !

Maintenant j'userai, bouche amère et fidèle

La chair qui bride encor mon extase immortelle

A l'ivoire adoré de ce rêve camard.

Fous, qui croyaient qu'un tel amour pleure ou s'expie !... Dieu seul est assez noir pour bien cacher l'impie ; 0 ma dame, tous deux je vous connus trop tard.

ÉPHÉSIAQUE

Un geste impérieux convie à son remord Tes vertiges d'agir, rêves aristocrates, Où tu sens palpiter l'âme des Erostrates, Du surhumain orgueil mystérieux ressort.

Vils le Lucre et la Chair, et le But et l'Effort ; Par-dessus tant de fronts où vous désespérâtes, Héros, martyrs, du seuil de vos tombes ingrates Passez-nous le flambeau de l'audace et du sort !

Le geste est sanction de l'œuvre ; tiens le livre Au-dessus de la mer, mais nage. Vaincs, délivre ! Où si l'Acte excellent en son intégrité

Xe daigne d'un motif risquer l'infirmité,

Plus haut que le Vœu traître ou le Renom débile,

Veuille ta mort ainsi que ton amour — stérile.

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