‹ Du désir aux destinéesChapitre 54 sur 91 · A LA MAISON NATALE · texte numérisé non relu

A LA MAISON NATALE

Vos huit pieds de ciment, de grès et de basalte, Vieux murs, n'ont su garder le songe d'un enfant, Sous vos lierres bruyants d'abeilles étouffant : Passé morne oii le rêve impatient s'exalte.

L'âme des aïeux morts s'émeut, parle, défend : Grands chasseurs de jadis, preux, chevaliers de Malte — Douceur des bois craquants où l'hallali fait halte Et des arçons fouillés et du vin réchauffant! . . .

Entre leurs chapelains, leurs griffons d'Allemagne, Leurs femmes sans remords, le fleuve et la montagne, Ils vécurent. Hélas I que n'as-tu fait comme eux,

Vagabond, n'emportant des hautes tours fidèles

Vers la vie incertaine et l'horizon brumeux

Que juste de regrets pour en pleurer loin d'elles.

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