‹ Du désir aux destinéesChapitre 57 sur 91 · MARIVAUDAGE · texte numérisé non relu

MARIVAUDAGE

Sur les chemins qu'abrège, ô mai, ta villanelle Aux couples lents que l'heure invite et qu'elle absout, Par les nocturnes prés sous les lunes d'août, J'entends rire la Mort qui vient me parler d'elle.

Saison, pays, qu'importe ! à tout heure et partout, La vieille Gélimène aux plus beaux spleens fidèle, Vient nous entretenir de sa flamme éternelle Et du départ plus proche aux gais relais du Tout.

Elle dit les flambeaux, les baumes, les draps pâles,

Les chants, le bain tiédi des veilles nuptiales,

La nuit — les bras si frais et les baisers si longs ;

Les silences d'amour sous la brune courtine, Les vieux ifs bruissant comme des violons, Pour mener cette pompe exquise et libertine...

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