L'ARC
Bandé, l'on voit la courbe attentive s'inscrire Dans le galbe de bronze et la lèvre de chair, Puis, quand l'archer joyeux suit la flèche dans l'air, L'arc se détend selon la forme d'un sourire.
Incessamment fidèle aux buts que vont élire. Charmants, la flèche d'or, vils, le carreau de fer. L'arc divin que j'ai fait rit entre ciel et mer, Puis chante longuement étant à moitié lyre.
Tour à tour, de par son caprice aérien,
Héraklès Stymphalide ou Phœbus Dorien,
0 jeune homme, cet arc est tien. Courbe sans trêve
Le triomphant métal, puis écoute à loisir Y sonner ton orgueil, ta force et ton désir : Seule peut l'Action faire vibrer le Rêve.
J'étouffe dans la vie et l'honneur et l'amour, Dans la bonté des bons, dans le dédain des pleutres, Dans les devoirs poltrons et vils où tu calfeutres, Vieille Nécessité tes sommeils de vautour.
FLUGTIBUS ET FATIS »
Les grands caps gémissants sous les pesantes pluies, Aux béliers de l'eau sombre ont tendu leurs flancs sourds Sur ce golfe depuis l'aube des premiers jours ; Le havre désolé pleure aux voiles enfuies.
Parfois les porcs de mer y poursuivent leurs truies, Mais le Centaure y tait sa conque en ses doigts gourds ; Au roc qu'un lichen roux vêt d'un âpre velours, Déprécatoire autel des ombres, tu t'appuies.
Son bloc dédaigne la guirlande et l'attribut ; Tes bras blancs saigneraient à son basalte brut, Prière, il se dédie aux dieux impitoyables ;
Seuls y disent l'orgueil du désespoir humain Trois mots dont sculpte les dédains inexpiables La haute lettre fruste au dur galbe romain.