‹ Du désir aux destinéesChapitre 64 sur 91 · LES FUNERAILLES DE SHELLEY · texte numérisé non relu

LES FUNERAILLES DE SHELLEY

Sur le bûcher, aux bois d'épaves et de pins Furent mêlés selon les piétés antiques, Parfums élus montant vers l'Astre en viatiques, Des baumes sabéens, de l'encens et du vin.

Riche de jeune sève et d'arômes mystiques, La flamme monta droite au clair ciel cisalpin. Et sur l'âme rendue à son rêve divin Le couchant referma l'orgueil de ses portiques.

0 rivage pareil au sourire des dieux,

Bien avant dans la nuit tu vis la haute flamme,

Paver d'or le chemin d'héroïques adieux.

Flambeau géant qui fume après l'épithalame ; Et, vers Rome, à travers le marais endormi, L'Urne tiède fuyait dans les bras de l'Ami.

Golfe de Gènes, 1895.

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