LE MAUVAIS DOUTE
Beau tourment de la Lyre, ô rythmes, nombres d'or, Où l'homme assoupissait les douleurs balancées, Images, noble essaim de nymphes pourchassées, Chœur fidèle et mouvant de l'infini décor ;
Prismes si tôt brisés où le sextuple essor Des rayons enlaçait la vie et les pensées. Prestiges, jeux divins de l'art, grâces blessées, Vous nous enchanterez combien de temps encor !
Durci dans le conflit des sombres énergies, L'homme dédaignera les naïves magies Auxquelles souriait dans ses langes l'enfant ;
Et la Vérité nue en sa gloire formelle,
Loin de la Beauté morte et de l'Art décevant,
L'écrasera, muet, sur sa froide mamelle.