‹ Du désir aux destinéesChapitre 6 sur 91 · SCRUPULE · texte numérisé non relu

SCRUPULE

Je porte un vœu superbe à la tombe où je vais, Mon cœur scellé le tient ainsi qu'un triple baume, Je l'ai tu — comme sur deux lèvres une paume Ont pesé sur moi l'homme impur, le temps mauvais.

J'ai plié cette bouche à leur morne idiome,

Cette bouche dont les sourires étaient faits

Selon la forme du grand mot que je savais,

J'ai régné par-dessus leurs fronts vils mon royaume.

Je meurs — et nul n'a vu le sceptre dans mes mains, Ni, patients, venus par cent mille chemins, De tous les bouts de l'Être et de la Destinée,

Ceux dont je suis le fils et le crime à la fois

Et qui m'auront en vain pour leur tâche obstinée

Haussé, cruel espoir, au tragique pavois.

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