AU MYSTERE
Je dirai le Mystère, essence de Beauté ; Nourricier de l'émoi sublime qui pénètre La conscience humaine en ce prodige d'être ; Sourire merveilleux de la réalité.
Je dirai le Mystère où le cœur dilaté S'enivre de vouloir et ne daigner connaître, Dont le rayon au fond du Certain fait renaître La raison au cachot de sa fatalité ;
Qui tend les horizons de ses pourpres mouvantes, Qu'un charme sombre vêt jusque en ses épouvantes, Seul dieu dont la carrure emplisse l'Infini ;
Va vers qui l'homme jette, impie et famélique. Prière qui défie, encens qui prévarique, Le blasphème obstiné de son labeur puni !