DÉNI PROVISOIRE
O Beauté, j'ai surgi dans le vent de ton aile Vers le mépris sacré dont de meilleurs, un jour, Feront de l'indulgence et feront de l'amour, Pain nouveau que promit la semence éternelle.
Mais, avant la moisson requis par le labour, Nous, fils de l'heure lâche et du siècle rebelle, Il faut fendre la terre ingrate car c'est d'elle Que, pour d'autres, l'épi doit jaillir à son tour.
Donc souffle-nous le long du sillon intrépide Le tendre et lier dédain de la foule stupide Bonne au plus à pourrir aux racines du grain.
Vil terreau haîsseur du soc clair qui le fouille.
Avant de féconder qui résiste et qui souille,
Et nourrit — sans savoir — le germe souverain.