EFFET
L'effet est le but unique de l'art.
Ce mot signifie d'abord sensation, impression perçue. Ainsi, il y a :
L'effet simple, L'effet compliqué, L'effet navrant, L'effet pittoresque, L'effet théâtral, L'effet magnifique, L'effet troublant, produit par le contraste exa-
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géré Je certaines couleurs, comme aussi par la distribution de certains dessins d'indiennes ou d'exemplaires d'estampes qu'en terme du métier on appelle épreuves doublées ;
L'effet décevant, produit par une surface claire dont la dimension paraît grandir ou diminuer selon que cette surface est observée dans un milieu clair ou dans un milieu obscur ;
L'effet du mirage, etc., etc.
Les arts sont les interprètes qui servent à reproduire et à retenir les effets de la lumière. Pour eux, la source de cette lumière est indifférente : qu'elle provienne de la présence réelle ou de l'apparente absence du soleil, ou bien d'un foyer incandescent, d'une bougie, c'est l'effet seul qu'ils envisagent et qu'ils veulent fixer.
Pour y parvenir, pour s'emparer d'une portion de lumière, ils ont créé des conventions, qu'ils mettent en pratique et par le dessin et parles matières qu'ils emploient. Ainsi, une
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feuille de papier représente toute la somme de lumière imaginable, elle est ie soleil même; de son côté, le crayon est l'obscurité; en crayonnant une forme sur cette lumière, le dessinateur combine ces deux matières pour Y effet qu'il veut retenir.
Le contraste plus ou moins violent des matières colorées employées par le peintre sera Y effet plus ou moins intense de son tableau.
Le sculpteur crée une lumière particulière, un effet, par l'accentuation spéciale qu'il donne aux formes dans la terre, le marbre, le bronze, etc.
Le terme effet a bien ainsi le même sens que le mot dessin; mais il spécifie un résultat particulier en appelant l'attention sur la cause principale de Y effet. Exemples : effet de pluie, elfet de brouillard, effet de soleil, effet d'ensemble, d'un tableau, d'une statue, d'un monument, de la décoration.
L'effet de la photographie ne peut être juste. Ses images, tout en étant les plus rigoureusement exactes qu'on puisse produire, n'indiquent que des valeurs de colorations fausses; de plus, leur effet perspectif est modifié par la forme de la lentille, dépendant c'est à l'aide
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de la photographie, servant d'expérience île
ttoire, qu'on obtient la preuve des effets de la lumière considérée comme clarté.
L effet de la gravure, qui consiste à faire paraître plusieurs qualités de Lianes, c'est-àdire plusieurs qualités de lumières, sans apposer aucun travail sur les parties lumineuses du sujet, est dû à la qualité des valeurs qui entourent ces lumières, là où le papier est resté intact, quoiqu'il paraisse être de plusieurs valeurs de blancs.
Pour produire cet effet, l'eau- -isidé-
rée comme instrument, a plus de pui — que le burin, par la raison qu'elle possède dans la gamme de ses valeurs 1 grisi 1. gris obtenu par la transparence du noir sur le patandis que le burin part nécessairement du noir absolu, quelle que soit la finesse de la taille.
s è . . nts du dessin, trait, orne* ment, modèle', couleur, a un effet spécial.
Trait. — Le trait, formule du dessin linéaire, a deux effets :
! S'il esl uniforme, d'une - i il lire sod effet du contraste, de La proportion, de chacune des surfaces qu'il ina
Ainsi, le dessin de l'élévation d'un monumenl fait d'un trait uniforme prend son effet du rapport des proportions entre les plei les vides des baies, les inea des
des moulures, du couronnement.
Ingres a fait graver son œuvre par un trait uniforme; on peut voir dans ce recueil ! sance d'effet des proportion-.
Le trait uniforme est une abstraction, et n'a d'effet que pour la mise en lumière des proportions de toutes les srnes d'une composition- C'est la formule la plus haute du d linéaire.
2°S'ilestvarié,deplusie - urs,ilrentre dans une formule où intervient la supposition du modelé, la recherche d'augmenter X effet.
Ornement. — L emprunte
^//'//principal aux diverses proportions et diras des lignes entre elles. Cette analogie d*' L'ornement avec le trait lui vient de ce que le trait, ou. si on aime mieux, le contour, est son élément propre, le modelé ne lui ap tant qu'un effet d'exécution
Modelé. — Le modelé doit son effet au contraste des valeurs claires et des valeurs obscures, avec ou sans le concours des couleurs.
Le sculpteur exerce le modelé dans toute sa rigueur, dans toute sa pureté.
Il n'est, à aucun degré, soumis à l'observation des qualités colorées et colorantes de la lumière ; et cependant, comme effet, son œuvre est toujours à l'unisson coloré de la lumière.
Couleur. — Quant à la couleur, nous avons déjà distingué la couleur proprement dite, que spécifie le terme coloris, et la couleur conventionnelle, qui réunit dans une seule expression le modelé et le coloris.
1° La couleur proprement dite tire son effet de sa vibration spéciale mise en mouvement par le contraste des complémentaires.
Autrement dit : Y effet de la couleur résulte du contraste des principes cliaud et froid de la lumière et de la couleur considérées comme foyers lumineux. Ainsi, tel blanc posé sur tel vert intense parait rose ou violacé, la couleur intense tendant par son rayonnement à faire virer le ton neutre à sa complémentaire, à son contraste cliaud ou froid; mais si Y effet qu'on recherche ici est un blanc pur, il faudra pré-
venir le rayonnement du vert par le rayonnement de sa complémentaire en ajoutant du rouge dans le blanc, qui alors paraîtra blanc intense, bien qu'il suit devenu, par l'addition du rouge, un rose ou un nias, un violet pâle, selon que sa propre nuance était plus ou moins dégagée de gris. L'effet obtenu est donc une illusion, une erreur d'optique.
L'action de la couleur, son rayonnement, vient delà tendance que les deux catégories de la lumière ont à se combiner, à se compléter. Leur rapprochement les exalte; il semble leur communiquer un mouvement qu'on peut comparer à un désir d'absorption mutuelle, et dont V effet se traduit à nos yeux, au point de leur jonction, par l'augmentation d'obscurité de la catégorie la plus sombre. Ainsi, la juxtaposition de deux complémentaires — comme deux couches des couleurs bleue et orangée posées à plat à côté l'une de l'autre — donne, à l'endroit de leur contact, l'illusion de la modification de valeurs signalée plus haut.
Cette illusion d'effet, qui est la nature même de la couleur et la cause fondamentale de son action, est aussi la source de nombreuses erreurs de modelé.
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2 La couleur conventionnelle 'les arts tire sone/Zé/du contraste des valeurs observées dans la lumière naturelle, sans retrancher à celle-ci
les incidents que provoque le reflet voir les œuvres des coloristes). Ou obtient, grâce à des artifices d'exécution, l'illusion de cet effet par l'emploi d'un seul ton voir les dessins au crayon, les lavis des maîtres coloristes, particulièrement ceux de Watteau qui sont au Louvre; les eaux-fortes de Rembrandt, de Canaletti: les gravures d'Audran. deBolswert, les lithographies de Delacroix, de Mouillerou. etc.. etc.
La décoration; qui se sert de toutes les professions spéciales, produit tous les effets. Tout lui est motif à effet : composition, transformation des formes par le principe ornemental, appropriation du modelé, clarté d'expression des formes, ampleur de l'exécution, emploi des figures de l'ornement, unité entre l'œuvre peinte ou sculptée et le lieu décoré, etc.
Les exemples que nous pourrions en fournir ne sauraient appartenir en propre à aucune
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s le la division des arts. La qualification de décorateur, prise en dehors de ption de métier, n'appartient qu'à l'homme qui.: sation intellectuelle ou par
sesconnaiss ss s, est
lent les effets de ses ?res. Ces exemples, du reste, appartiennent à i chapitre sur le mol 'essi
L>- mot effet entre encore dans deux exj
- ae nous tenons à mentionner :
M- tt ■ - "'• '. 'est disposer les lignes, les valeurs, les colorations, pour obtenir Vef)
h ■ - Veffet, c'est insister par accentuation sur telle ligne de contour, sur tel mouvement des lignes, sur tel contraste de rtion, telle valeur de clarté ou d'obscurité, telle coloration de ton, pour augmenter
Toute indécision, toute diffusion, toute confusion d'effet, tout trouble dans la clarté de
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perception de X effet d'une œuvre, est une faute de modelé.
Nous disons une œuvre et non pas un monument, une statue, un tableau, un dessin, une gravure, une décoration, parce que cette observation est applicable à toutes les choses de Fart.
Ainsi :
1° Quoique la formule du trait semble exclure le modelé, nous retrouvons l'expression de l'intensité des valeurs dans le rapport des proportions inscrites parle trait. Toute confusion de proportions est donc une faute de modelé.
2° Lorsque le modelé est effectif, la confusion de ses valeurs ou de ses tons détruit la clarté de perception. C'est encore une faute de modelé.
Une faute iïeffet indépendante du modelé est la confusion des catégories chaude et froide. Le modelé rigoureusement observé atténue cette faute dans une mesure considérable.