‹ Du Développement Des MembresChapitre 15 sur 39 · ET LE · texte numérisé non relu

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rieurs sont fortement fléchis et tournés en dedans; les plantes des pieds reposent sur les faces latérales du cordon ombilical au niveau de son insertion.

Dès lors la période embryogénique est close et la configuration extérieure du corps présente ses caractères définitifs.

Le tableau suivant, emprunté à His, peut donner une idée du développement des extrémités pendant le cours des deux premiers mois et permet de comparer leur volume à celui du corps aux différents stades de cette période; il montre aussi le développement plus hâtif et la prédominance du membre supérieur.

Ces chiffres représentent en millimètres carrés la surface limitée par le profil de chaque extrémité; la quatrième colonne exprime les rapports entre la surface des deux extrémités réunies et la surface du profil du corps.

Longueur Extrémité Extrémité Rapports entre la surface de supérieure inférieure des deux extrémités l'embryon. (Profil). (Profil). réunies et la surface — — — du corps (Profil).

7um,ÿ 1,0 1,2 7,5 0/0 Aium,ÿ 4,2 4,1 14,9 — 12mm,5 5,8 5 13,5 — 13mm,8 7,0 6,8 13,2 — 17em 41,2 10,4 15,0 —

Origine du blastème des membres.

Les moignons des membres sont revêtus par une couche épiblastique, en continuité avec l’épiblaste qui entoure le corps de l’embryon tout entier, et formant, à l'extrémité libre des moignons, un épaississement de forme conique, une sorte de calotte sphérique, (REmAK).

Quant au mésoblaste. qui constitue la partie centrale et la plus importante de ces moignons, il consiste primi-

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tiuement, abstraction faite des nerfs et des vaisseaux qui pénètrent du dehors, en cellules semblables formant un blastème homogène. C’est au sein de ces cellules que, durant le second mois de la vie embryonnaire, les différents tissus naissent par différenciation histologique. Aïnsi se produisent les parties squelettiques, les muscles, les tendons et les aponévroses. (KüLLiKER).

Le centre des bourgeons, dit ReTTERER, dans un travail remarquable que nous aurons souvent occasion de citer, est primitivement formé par un tissu, qui, sauf la grandeur des éléments, est le même chez tous les Mammifères avant la production du cartilage. C’est une masse uniforme d’éléments appelés cellules embryonnaires par les uns, éléments lamineux embryonnaires par Cnares Roi, et dans lesquels les capillaires sont très nombreux. *

Mais quelle est la provenance de ce blastème homogène? D'où dérivent les pièces squelettiques, les muscles, les tendons et les aponévroses ? Ce blastème naît-il sur place du feuillet mésoblastique primitif, ou bien est-il formé par le prolongement des protovertèbres dans l’axe du membre?

D'après Remax, la partie axile transparente, que montrent les rudiments des extrémités, est.en continuité de substance avec les produits résultant du développement des protovertèbres et même avec les lames musculaires (dorsales). Mais, comme le fait remarquer KôziKker, REMAK ne nous dit point si cette partie axile a pénétré secondairement dans les rudiments des membres, ou. si : elle est, au contraire, le produit d’une différenciation sur place du blastème des extrémités,

Pour KôzLirer, il est très vraisemblable que les matériaux primitifs des membres dérivent des lames latérales, c’est-à-dire des parties du feuillet mésoblastique qu’avoi-

nm;

sinent les lames moyennes, et auxquelles Rewax a donné le nom de lames costo-cutanées. À des places données, dans les parois dorsale et ventrale, en dehors des protovertèbres et de leurs dérivés, ce blastème fournirait des proliférations qui donneraient naissance à la ceinture des membres. En même temps, par une prolifération s’avançant en dehors, il constituerait les membres proprement dits. Mais plus loin, le même auteur ajoute : « La production indépendante des muscles des membres et de ceux de leurs ceintures est aussi admissible que l'hypothèse contraire, d'autant plus qu'il est impossible de faire dévier tous les muscles du corps de ceux des protovertèbres. »

Selon Herrmanx et Tourneux (article Embryon du Dictionnaire encyclopédique), les os des ceintures scapulaire et pelvienne, ainsi que ceux des extrémités, semblent naître indépendamment des protovertèbres,dans des bourgeons issus de la partie postérieure des lames musculocutanées.

Formation du squelette cartilagineux.

Le squelette entier des extrémités, dit KôzuIKER, se constitue sous forme d’un blastème, dont les différentes parties forment, dès le début, un tout continu. Dans ce blastème homogène, du tronc vers la périphérie, se différencient successivement, cartilage par cartilage, articulation par articulation, tous les éléments de la charpente. Dès son apparition, chaque cartilage figure une partie indépendante sans continuité avec les cariliages voisins. Dès ce moment aussi il est rattaché aux cartilages adjacents par l’ébauche de l’articulation, dont la constitution marche de pair avec la sienne. Dans l’axe du rudiment des extrémités une masse de blastème, se séparant du reste, se différencie peu à

169 7 peu, et se convertit à la fois en cartilage, en capsule articulaire et en périchondre.

FiG. 16 (d'après SCHENCK).

Section transversale d’un membre chez un embryon humain à une époque où l'on ne peut distinguer extérieurement aucune phalange. On voit, sur cette coupe, les o'igines de neuf phalanges (neuf phalanges primitives) sans qu'on puisse dire celles qui sont définitives.

æ. Epiblaste. z. Espaces situés entre les phalanges

f, z. Mésoblaste. * primitives.

f. Phalanges primitives.

Avant l’apparition des sillons interdigitaux, les doigts sont représentés par des traînées cellulaires disposées en rayons comme les doigts futurs. Sur deux embryons, examinés par SCHENCK, ces traînées étaient plus nombreuses que les doigts. L’un d'eux en possédait jusqu’à neuf. Celles de ces traïnées qui excèdentle nombre normal disparaissent habituellement. Quand elles persistent, elles sont l’origine des doigts surnuméraires, doigts dont l’existence ne peut s’expliquer que par l’atavisme.

Plus l’extrémité s'accroît, plus aussi s’allonge à son intérieur le rudiment des formations squelettiques, qui y prend aussitôt la configuration typique du segment du

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